A l’exemple de cet état de l’Inde : Le Kérala
Le Kérala, laboratoire de justice sociale
Dans cet État du sud de l’Inde, une réforme agraire menée par une coalition de syndicats et de paysans a permis une redistribution des richesses offrant à ses habitants l’espérance de vie la plus longue de tout le sous-continent.
À première vue, rien ne distingue le Kerala d’autres États très pauvres. Jusqu’au milieu des années 2000, ses 35 millions d’habitants ont disposé de l’un des revenus les plus faibles de toute l’Inde. La moitié vit de l’agriculture et un million et demi travaille dans les monarchies pétrolières du Golfe.
Pourtant, cet État proche du Sri Lanka dispose du meilleur indice de développement humain d’Asie du Sud : les hommes comme les femmes bénéficient ainsi d’un taux record d’accès aux soins et d’alphabétisation.
L’espérance de vie y est la plus longue de tout le sous-continent, et même au-delà : elle est de dix ans supérieure à celle du Maroc, alors que le revenu par habitant est là-bas trois fois plus élevé.
La réforme agraire de 1957 est à l’origine de cette réussite.
Elle a jeté les bases – selon Sam Pizzigati, spécialiste de l’étude des inégalités – d’une « société organisée selon les principes de l’égalité et de la durabilité écologique ». Cette année-là, une coalition de syndicats et de paysans sans terre élit un gouvernement communiste à la tête d’un État de l’Union indienne.
Malgré l’opposition de New Dehli, il promulgue une loi partageant les terres arables entre 1,5 million de paysans, au détriment des grands propriétaires fonciers. Ainsi ces lopins de terre leur ont assuré revenus et autonomie alimentaire.
Constituée dès les années 1930 et animée par les principes de Gandhi, cette coalition sociale a maintenu la pression afin de poursuivre la redistribution des richesses au fil des alternances politiques : salaire minimum le plus élevé d’Inde, pensions de retraites pour les travailleurs agricoles, impôt progressif pour financer la fourniture à prix subventionnés de produits de première nécessité, comme le riz.
À méditer dans un monde où se multiplie l’accaparement des terres plutôt que les réformes agraires.
Olivier Vilain – Lu dans la revue « Convergence » N° 355

La preuve que la France peut faire d’autres choix tout en restant dans la zone euro. Le Kerala a toujours la roupie pour monaie et fait toujours partie de l’union indienne.
Merci pour cette confirmation et le passage sur ce blog.
Fraternité