La violence policière de trop.

Les images de femmes malmenées par les forces de l’ordre lors d’une marche féministe à Paris font scandale.

Didier Lallement. Un nom qui n’est plus inconnu du grand public.


L’homme, ce préfet choisi par Emmanuel Macron pendant que Paris était secouée par les manifestations de gilets jaunes, a depuis été au centre de beaucoup de polémiques. Et sa responsabilité souvent mise en cause, malgré le soutien indéfectible de Christophe Castaner pour qui « il n’y a pas de problème Lallement ».

« Pas de problème », vraiment ? Les écologistes, la gauche, les manifestants, les gendarmes et désormais les féministes pensent le contraire. Ou dénoncent du moins les nouvelles pratiques de la police parisienne, avec comme dernier épisode en date: une manifestation féministe brutalement interrompue dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mars. À partir de 23 heures, on y voit les policiers charger une foule assemblée en fin de manif, sans qu’aucun heurt ne soit visible, puis en traîner certaines jusque dans le métro.

La préfecture de police s’est justifiée en évoquant des difficultés à disperser les manifestantes arrivées place de la République. Les témoignages parlent plutôt d’un déploiement « disproportionné » de forces de l’ordre à l’arrivée du défilé, et d’une « nasse » policière.

Le syndicat Synergie officiers a d’ailleurs usé de la même rhétorique à leur encontre, traitant les manifestantes de « militantes d’extrême gauche altermondialistes qui détestent les policiers ». « Elles ont défilé le 10 novembre [à la marche contre l’islamophobie – ndlr] avec les islamistes fichés S et ceux qui appelaient à battre les femmes… », conclut le syndicat, très puissant de la police.

Mal à l’aise, le gouvernement a donc ordonné un « rapport » sur l’action des forces de l’ordre – Marlène Schiappa l’a tweeté. « On attend les résultats de cette analyse », a expliqué Muriel Pénicaud, la ministre du travail, précisant, comme une évidence, à propos de la marche : « Je n’y étais pas. »

Mais qu’attendre de cette « analyse » ? Une remise en cause du changement de doctrine du maintien de l’ordre ? Un questionnement profond sur le rôle de la police et des gendarmes dans notre pays ? Qui peut sérieusement y croire ? Il y aura peut-être des sanctions, mais Emmanuel Macron et Édouard Philippe assument ces violences. Elles font même partie intégrante de leur politique.

Les images de la soirée parisienne du 7 mars révèlent aussi l’incurie de leur promesse de lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes, et contre les violences sexuelles, sur mineur·e·s ou sur majeur·e·s.


Article composé d’après des écrits provenant de blogs : Huffington Post, Médiapart.