1- Vite, une alliance rose-rouge-vert !

Voilà un aspect de la politique possible à gauche dans la mesure ou les communistes ont des élus (et comptent bien retrouver au moins le même nombre sinon plus), dans les instances ou se côtoient des élus tant EELV que PS ou DVG.

La position des instances du PG, Melenchon en tête (qui ne possèdent que 2 élus a la tête de municipalités) est tout autre. En décidant de composer des listes excluant tous les inscrits au PS (mais pas les ceux inscrits à EELV curieusement), elle entraine l’électeur de gauche vers une incompréhension et ce disant une possible abstention du vote populaire de gauche. MC

L’aile la plus à gauche du PS estime que seul le retour d’une gauche plurielle pourra influencer la politique de François Hollande. Un pari audacieux.

Un pour tous et tous contre Hollande. Ce week-end, pendant que Jean-Luc Mélenchon défendait sa conception de « l’autonomie conquérante » (voir ci-contre), le courant le plus à gauche du PS, réuni dans l’Essonne, n’avait qu’un mot à la bouche : l’unité. Devant 250 militants socialistes ravis, les invités, Jean-Vincent Placé (EELV), Christian Picquet (Gauche unitaire) ou Pierre Laurent (PCF), ont dit tout le mal qu’ils pensaient de la politique gouvernementale.

Le chef des communistes s’est même payé le luxe d’une standing ovation. Voilà qui n’arrive pas tous les jours… même au Front de gauche ! Opération « union » réussie, donc, pour la première université de rentrée de Maintenant la gauche, un an après sa création par Marie-Noëlle Lienemann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.

Réforme des retraites « scélérate », flexibilisation du marché du travail, traité européen, CICE, hausse à venir de la TVA… Il a suffi de dix-huit mois de présidence Hollande pour souder les anti-Hollandais de toujours et les nouveaux convertis. Au-delà des partis. « Franchement, quand on discute avec Pierre Laurent, on est toujours d’accord », assure Emmanuel Maurel, vice-président du conseil régional d’Île-de-France et chef de file de Maintenant la gauche, pour qui le 6 mai 2012 a été « une victoire électorale mais une défaite idéologique ». « Dans cette période, chaque rencontre est l’occasion d’un dialogue et d’actions communes », affirme en retour Pierre Laurent, qui « veu[t] un Front de gauche de la main tendue et du rassemblement ». Cela tombe bien : « Oui, Pierre, nous avons besoin des communistes ! », s’enthousiasme Jean-Vincent Placé à la tribune, jamais avare d’un bon mot pour botter en touche : « On pourrait me demander : “Pourquoi ne sortez-vous pas du gouvernement ?” Je vous répondrai : “Pour la même raison que vous ne sortez pas du PS.” » Rires dans la salle…

Même l’ancien de la LCR Christian Picquet a rangé au placard la théorie des deux gauches irréconciliables. Il pense désormais que « le Front de gauche n’a pas, à lui seul, les clés du déblocage de la situation ». « Être le fossoyeur de la gauche, c’est creuser sa propre tombe », renchérit Jérôme Guedj, député de l’Essonne. Et l’on rappelle les grandes heures de la gauche plurielle – les 35 heures ou les emplois-jeunes – en omettant l’épisode des privatisations ou l’issue catastrophique du 21 avril 2002…

Alors, il faut vite construire l’alliance « rose-rouge-vert ». C’est qu’avec seulement deux parlementaires Maintenant la gauche a une capacité d’action limitée. « Pour l’instant, pour cause de Ve République, on ne peut rien faire au niveau du Parlement, confie Jérôme Guedj. Mais il y a un congrès en 2015, et il faut le préparer dès aujourd’hui. »

Emmanuel Maurel égrène ces petites victoires qui démontrent, selon lui, les potentialités du courant au sein du groupe socialiste : les 43 abstentions sur l’Accord national interprofessionnel (ANI) ou le vote contre l’allongement de la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein… « On a un rôle d’influence évident, s’enorgueillit Emmanuel Maurel. Le hic, c’est qu’il s’arrête sur le perron de l’Élysée. » Et qu’il peine aussi, parfois, à exister au sein de son propre camp. Car la belle union a déjà volé en éclats avec les municipales à venir.

Pas moins de quatre socialistes se présentent contre les sortants communistes dans le 93. « Nous combattrons les tentatives de divisions en Seine-Saint-Denis », prévient Pierre Laurent devant les militants de Maintenant la gauche, qui tous applaudissent en opinant du chef.

En ont-ils touché un mot à leurs camarades du PS ? « Ils savent très bien ce qu’on en pense », rétorque Emmanuel Maurel. Ce qui n’a manifestement pas empêché Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg d’afficher, la semaine dernière, leur soutien au plus en vue de ces candidats. Sur certains points, l’union entre la gauche du PS et la gauche du PS reste encore à construire…

Politis n° 1273  –  Pauline Graulle 17 octobre 2013 – Permalien

 

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