Nous voici en plein printemps, au cœur de juin ; pas encore les travailleurs hâlés ne se hâtent sur les prairies des hauteurs, où l’opulent automne, saison usurière, ne vient que trop tôt offrir aux arbres l’or qu’il a mis de côté, trésor qu’il verra disperser par la folle prodigalité de la brise.

En reconnaissant, le 23 mars 2021, que la France avait « une dette envers la Libye et les Libyens », Emmanuel Macron a joué un coup de bonneteau.

Cette déclaration en forme de repentance (son ami Nicolas Sarkozy a dû adorer), qui accompagnait l’annonce de la ré­ouverture de l’ambassade de France à Tripoli, fait allusion au rôle majeur de Paria dans l’intervention anti-Kadhafi de 2011, qui avait plongé la Libye dans un chaos abyssal.

Le 18 mars 2021, la cour d’appel de Bordeaux annulait « pour des irrégularités la quasi-totalité de l’enquête visant seize personnes présentées comme des black blocs et soupçonnées d’avoir préparé des actions violentes lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à la fin de 2019. »

Relayée par l’AFP, cette information est pourtant assez peu reprise ; son traitement est même rachitique en comparaison de l’emballement qu’avaient, à l’époque, suscité les interpellations et mises en examen. Retour sur un cas typique de journalisme de préfecture.

Voilà Paris devenu une ville de livraison. Avec le Covid, nous vivons tous à New York, attendant notre miam-miam livré à domicile. Vides, les villes sont laissées aux millions de rats arrogants et à quelques milliers de jeunes Noirs filant à vélo ou dispersés en patients petits groupes devant les fast-foods, essaims d’abeilles à deux roues.

Révisions sur Zoom quatorze heures par jour, QCM infaisables… Élisa […] était inscrite à la faculté de médecine de Toulouse. La multiplication des obstacles a eu raison de sa détermination. Et à la veille des concours, elle a finalement jeté l’éponge.

Avec leurs bandeaux défilants, leurs images spectaculaires et leurs bavards installés en plateau, les chaînes d’information en continu ont colonisé notre imaginaire visuel et mental. Ces antennes, qui ont proliféré dans les années 1990 au nom du pluralisme et du « devoir d’informer », négligent l’enquête et le reportage. Elles impriment leur rythme à la vie politique.

Disons-le d’emblée, il faut user de toutes les prudences possibles avec ce genre d’information. Si elle se révèle parfaitement exacte, il y a là, matière à un énorme scandale d’ingérence gouvernementale, dans l’action de la justice française. Certes ce n’est pas une première, mais en l’occurrence, le gouvernement au grand complet, s’agite pour essayer de sortir Sarkozy de la mauvaise passe judiciaire ou il s’est lui-même enfoncé. Avant de crier au loup avec la meute, usons de prudence et surtout essayons de recouper cette information. MC