ENERGIE (3) Évaluation et analyse des besoins énergétiques en France, en Europe et dans le monde

Évaluation et analyse

par Valérie Gonçalvès

Au même titre que l’accès à l’alimentation ou la santé, l’accès à l’énergie est un élément déterminant pour l’émancipation et l’épanouissement des peuples, pour la réduction des inégalités.

Depuis un siècle, la maîtrise des ressources en énergie (le charbon, le pétrole, le gaz et le nucléaire) a permis une hausse considérable du niveau de vie des populations, spécialement dans les pays développés.

Les pays se sont appuyés majoritairement sur les ressources fossiles pour asseoir leur développement économique. Il en va donc de la responsabilité de ces pays qui ont massivement utilisé ces ressources de donner la priorité à d’autres modes de production d’énergie qu’ils maîtrisent, d’investir beaucoup plus massivement dans la recherche pour obtenir des modes de production plus respectueux de la planète, de mettre en place de vrais plans d’économie d’énergie et enfin d’effectuer les transferts technologiques nécessaires afin que les pays en voie de développement et les pays pauvres puissent bénéficier des acquis scientifiques pour inscrire dès le départ leur développement dans un cadre durable et respectueux de l’environnement.

La consommation énergétique ne peut que croître pour deux raisons : l’une est l’accroissement de la population qui devrait atteindre 8 Milliards en 2050, l’autre réside dans le fait que les pays en développement ne peuvent élever leur niveau de vie qu’en augmentant leur consommation d’énergétique.

Sur 6,7 milliards d’habitants qui peuplent la planète, 2 Milliards n’ont pas accès à l’électricité l’efficacité énergétique et la consommation d’énergie par habitant sont extrêmement variables d’un pays à l’autre.

Entre aujourd’hui et 2025, la population mondiale passera de 6,7 à 8 milliards d’êtres humains. La consommation d’énergie primaire passera de 12 Giga tonnes équivalent pétrole à 17 Gtep*. En 2050, elle sera située entre 20 et 30 Giga tonnes équivalent pétrole. La Chine et l’Inde représenteront à elles seules 40 % de cette croissance.

Enfin, 25 % de la population mondiale consomme près des 2/3 des ressources d’énergie.

Au niveau mondial, la réponse actuelle à la demande croissante d’énergie est assurée à 15% par les énergies renouvelables (dont 10 pour la biomasse traditionnelle et 5 pour l’hydraulique) et à plus de 80 % par les ressources fossiles de la planète (charbon environ 23%, plus de 60 % pour le pétrole et le gaz).

Le charbon, le pétrole et le gaz, dans des proportions différentes, sont émetteurs de gaz à effet de serre. Le charbon est l’énergie fossile la plus abondante sur la planète, la mieux répartie entre les continents et la plus accessible pour les pays du sud.

Mais c’est aussi l’énergie la plus polluante, notamment quant aux émissions de CO2. La Chine est le premier pays émetteur de GES (6,1 Giga tonnes CO2), après avoir récemment supplanté les Etats Unis (5,9 GtCO2). Depuis 1990, les émissions mondiales ont augmenté de plus de 30 %.

En 2025, les émissions de gaz à effet de serre GES passeront de 27 à 42 Gt.éq.CO2

Le développement économique basé sur les combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) abondants et bon marché semble révolu. Les hausses considérables du prix du pétrole préfigurent probablement une constance de prix très élevés dans un proche avenir. Plus personne ne nie que l’on va atteindre le pic pétrolier mondial à plus ou moins brève échéance. La seule véritable controverse étant le moment de ce pic mondial, 2015, 2020.

Le pétrole représente à lui seul environ 40% de l’énergie primaire consommé dans le monde. Quelles seront les conséquences de ce choc ? Il en sera de même pour le gaz et le charbon mais à des échéances plus lointaines.

Les réserves prouvées mondiales en pétrole et en gaz se situent à hauteur respectivement de plus de 40 et de 60 fois la production mondiale de 2009, les gaz dits non conventionnels, encore peu explorés et peu connus, devraient permettre de doubler ce chiffre, ce qui modifie en profondeur la vision du marché du gaz, d’après l’IFP énergies nouvelles. Et nous sommes à plus de 120 fois pour le charbon.

40 ans pour le nucléaire dans les réacteurs actuels mais plusieurs siècles avec la 4ème génération dite des surgénérateurs).

Les ressources énergétiques fossiles sont des biens mondiaux limités et donc à partager. Il y a en même temps de grandes inégalités dans la répartition de ces ressources :

  • Le charbon provient des USA, de l’Australie, chine, Russie.
  • Le pétrole du moyen orient, USA, il en existe un peu au Venezuela, Indonésie, Angola.
  • Le gaz vient de la Russie, du Qatar, d’Algérie, de Norvège, ou des USA.
  • L’uranium que l’on trouve en Australie, également au Canada, Kazakhstan… et au Niger.

D’une façon générale, l’Afrique et l’Amérique du Sud sont peu pourvues en matières premières.

Bien souvent la possession des ressources énergétiques est source de tensions et de conflits géostratégiques entre pays.

Part des énergies dans la production mondiale d’électricité le charbon domine avec 42 % de la production ; il est suivi par le gaz naturel, l’hydraulique et le nucléaire avec respectivement 20,9 %, 15,6 % et 13,8%.

Le nucléaire est devancé par le charbon également en Europe (respectivement 28,1 % et 30,8 %) même si certains pays sont dans une situation bien différente (ex : France 75,2 % pour le nucléaire).

Climat et énergie sont intimement liés et les enjeux sont planétaires. Le protocole de Kyoto, signé en 1997, impose aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de GES d’ici à 2012.

En décembre 2008, l’Union européenne a signé l’engagement des trois 20 en 2020 : 20 % d’énergies renouvelables, 20 % de GES en moins, 20 % d’efficacité énergétique en plus.

Autre considération tout aussi importante, les pays les plus riches se sont engagés à réduire de 80 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour ne pas dépasser une hausse des températures de plus de 2° C en 2050. Les émissions de gaz à effet de serre proviennent pour l’essentiel de la combustion des combustibles fossiles (80% de l’énergie mondiale). Comment y parvenir sans une réduction drastique de l’utilisation de ces sources d’énergies ? La transition s’annonce donc très difficile. Quelles options prendre pour la première moitié du 21ème siècle ? Les investissements vont devoir être considérables pour assurer à tous un droit à l’énergie, c’est-à-dire l’accès à l’énergie à des tarifs accessibles.

Les chercheurs de l’Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) estiment à 18 500 milliards d’euros soit environ 10 fois les richesses produites en France) la somme d’argent à investir dans les infrastructures d’offre d’énergie dans le monde.

En France

Le système français de production d’électricité qui associe essentiellement hydraulique et nucléaire a montré tous ses avantages. Il assure une indépendance énergétique à la France

Émettant un minimum de gaz à effet de serre, il est une réponse pertinente au réchauffement climatique.

En France, la production d’énergie est répartie de la façon suivante : renouvelable 13 %, thermique classique 10,5%, nucléaire 76,5 %. et à 1,4 % par l’éolien, la production photovoltaïque étant encore marginale (0,03 %).

En France, il existe 58 réacteurs en exploitation répartis sur 19 Centres Nucléaires de Production d’Électricité (CNPE) – 447 centrales hydrauliques dont 640 barrages – 23 tranches thermiques à flamme et 10 turbines à combustion sur 15 sites.

En cinq ans, la production d’électricité d’origine éolienne a été multipliée par près de 10.

Le thermique à flamme (10,5 %) (gaz, charbon) occupe une place réduite dans le mix énergétique mais demeure un élément de réponse aux besoins de pointe et sa place va sensiblement augmenter de façon quasi automatique dans les prochaines années sous l’effet de l’augmentation de la demande et du retard pris dans les investissements nucléaires.

Il faut que tous ces moyens de production existant soient le plus disponibles pour éviter les situations tendues.

En France, 3,4 millions de foyers sont en précarité énergétique. En 2009, ce sont 100 000 coupures gaz et autant en électricité qui ont été opérées.

La fixation des tarifs de l’énergie est une question centrale aussi bien pour les usagers et les industriels mais également en termes de renouvellement de moyens de production.

En Europe

II y a absence d’une réelle politique européenne de l’énergie stricto sensus.

La dépendance énergétique externe de l’Union européenne (UE) est en croissance continue. L’UE couvre ses besoins énergétiques à 50% à partir des produits importés et si rien n’est entrepris, d’ici 2020 ou 2030, ce chiffre s’élèvera à 70%. Les importations énergétiques représentent 6% des importations totales. 45% des importations de pétrole proviennent du Moyen-Orient et 40% des importations de gaz naturel de Russie.

À l’heure actuelle, les sources d’énergie renouvelables sont exploitées de façon inégale et insuffisante dans l’Union européenne. Bien que nombre d’entre elles soient disponibles en abondance et que leur potentiel économique réel soit considérable, la part des sources d’énergie renouvelables dans le total de la consommation intérieure brute d’énergie de l’Union – laquelle devrait progresser régulièrement à l’avenir – n’est que médiocre : 6 %.

La proposition de la création d’une agence européenne de l’énergie a tout son sens. Le principe de base doit être celui de la coopération des opérateurs. C’est la meilleure approche pour répondre aux besoins dans les conditions les meilleures et en finir avec la guerre économique visant à conquérir des parts de marchés et à absorber le concurrent adversaire. Elle pourra favoriser la notion de groupement d’achat à long terme et la sécurité d’approvisionnement notamment.

Quels pourraient être les leviers ?

On peut cependant agir dans plusieurs directions et faire évoluer le mix énergétique : économies d’énergie (ex dans le résidentiel), efficacité énergétique (transports), développement des Énergies Renouvelables [ENR] (éolien, solaire, biomasse, hydraulique y compris marémotrice).

Le nucléaire voit un certain retour en grâce avec l’EPR (dont la réalisation s’avère plus difficile que prévu avec des retards et des investissements supplémentaires) et la prolongation de vie des centrales nucléaires en activité de 10 ou 20 ans (ce qui exige des investissements d’environ 600 millions d’euros pour chacune d’entre elle). L’incontournable besoin de réduction des émissions de CO2 détermine l’avenir de l’ensemble des activités de la filière énergétique :

  • L’acceptabilité du charbon et du gaz sera liée à la modernisation du parc charbon et la mise au point de nouvelles techniques dites « charbon propre » incluant la question du captage et de la séquestration du CO2
  • L’acceptabilité du nucléaire comme réponse au défi climatique sera liée à la démonstration que la filière peut répondre à la question des déchets et d’une utilisation à long terme de l’uranium et que les conditions d’exploitation ne sont pas source de risques pour la sûreté.
  • L’acceptabilité des énergies renouvelables sera liée à leur développement dans des conditions socialement acceptables, c’est-à-dire, à un prix supportable par les usagers et à des modes de financement à long terme minimisant le coût réel des investissements.
  • La construction d’un parc éolien soulève des difficultés d’acceptabilité comme on peut le voir en Bretagne avec les pêcheurs.(intérêt général / intérêt filière métier).
  • Sans oublier des recherches à long terme sur des filières plus révolutionnaires telles que la fusion nucléaire tel le projet Iter ou les centrales EPR 4ème génération.

Pour autant, lorsque l’on pense construction de nouveaux moyens de production il nous faut également penser à une distribution pour tous et partout, ce qui sous entend d’avoir un réseau de transport adapté avec la construction de ligne de transport d’électricité THT qui souvent est confrontée à des difficultés d’acceptabilité également (paysage, sécurité). Un pôle public de l’énergie serait un acteur important de la politique de coopération de la France en Europe et dans le monde. Il nous faut réfléchir à l’articulation entre biens publics mondiaux et services publics locaux.

Pour conclure, s’il est vrai que nous devons prendre en compte les questions environnementales, nous ne devons pas tomber au nom du sacro saint principe de précaution, dans un immobilisme mortifère. Les communistes doivent être à la pointe de cette volonté de recherche et d’innovation pour inventer un nouveau type de développement pour répondre aux besoins énergétiques des populations et à leur épanouissement.

Source : PCF Paris – Commission ÉNERGIE

2 réflexions à propos de “ ENERGIE (3) Évaluation et analyse des besoins énergétiques en France, en Europe et dans le monde ”

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