ENERGIE (1) Politique énérgétique

Besoins, ressources et enjeux d’une politique énergétique

par J.C. Cauvin

L’énergie c’est la vie

Qui n’a jamais entendu cette expression qui traduit le fait qu’incontestablement, l’énergie est un élément de base du développement humain. Elle a été au cœur de la révolution industrielle. Vous êtes bien placé à Gardanne pour savoir le rôle jouaient par les mineurs dans le redressement de la France à la sortie de la deuxième guerre mondiale. Elle est aujourd’hui un produit de première nécessité comme l’air et l’eau. Sans le droit à l’énergie, il n’y a pas de droit d’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, aux télécommunications, à la culture… : Le droit à l’énergie doit devenir un droit universel.

Cette donnée de base est à conjuguer avec un système en crise profonde. Pour se perpétuer, il est à la recherche permanente de nouveaux marchés, il s’enfonce dans un logique productiviste loin des besoins des hommes, il exacerbe les inégalités mondiales, il pille les ressources de la planète. C’est ainsi qu’aujourd’hui énergie et développement cohabitent avec explosion démographique, gâchis, pauvreté, faim dans le monde, détérioration de l’environnement… La réponse à ces défis du XXIème siècle met à l’ordre du jour le dépassement du capitalisme.

La construction d’une politique énergétique nationale ne saurait être confinée à un égocentrisme national inadapté. Elle doit prendre la mesure des enjeux mondiaux auxquels nous sommes confrontés et se fixer l’objectif de répondre aux besoins humains planétaires dans le cadre d’un développement durable.

Développement durable

Cette notion de développement durable est une notion récente qui a vu le jour la première fois dans un rapport de l’ONU de 87. Il s’agit de « promouvoir un développement qui réponde aux besoins des hommes d’aujourd’hui sans compromettre ceux des générations futures ». Notons bien qu’il y a dans ce concept le double aspect de durable et de développement et lorsqu’on parle de développement, il s’agit bien entendu du développement humain et non de je ne sis quel développement financier.

Les tenants du libéralisme se sont emparés de ce concept de développement durable pour faire de la bataille pour l’environnement un nouveau marché. Faudrait-il alors, parce que le grand capital tente de le récupérer, l’abandonner au profit d’un combat pour la croissance zéro voire la décroissance comme le proposent certains ?

Le remède serait pire que le mal. De même que la croissance capitaliste, tournée vers la production de valeurs marchandes et la recherche d’une rentabilité financière, est synonyme de profondes inégalités de développement, la décroissance capitaliste ne ferait qu’accroître les inégalités existantes. N’est ce pas ce que nous vivons aujourd’hui avec une croissance atone et des gains de productivité mis au service des actionnaires : c’est l’explosion des bénéfices et des profits des entreprises du CAC 40 qui se nourrit des coupes dans les salaires, de la remise en cause du droit du travail, des restructuration et de la casse des emplois …

Ce qu’il nous faut c’est inverser cette logique pour mettre les gains de productivités aux service des hommes. A la rentabilité financière opposons l’allégement de la peine des hommes et les économies de ressources, à l’économie compétitive opposons la production de biens et de services socialement utiles, à la concurrence opposons la solidarité et la coopération.

Les besoins en énergie

Ces besoins sont à prendre en compte d’un triple aspect.

Il s’agit bien sûr des besoins nationaux :

  • les inégalités en terme de solvabilité sont indignes de notre époque. Savez vous qu’il y a 100 000 coupures d’électricité tous les ans et qu’il en est de même pour le gaz. Plus généralement 3,4 foyers, soit environ 10 millions de personnes sont en précarité énergétique.
  • Sans compter la réalité d’une production industrielle atone. Il est plus que temps de prendre à bras le corps cette question d’une politique de relance d’une production industrielle nationale qui nécessitera bien entendu plus d’énergie.

Mais il s’agit aussi des besoins internationaux :

Le fossé entre les pays riches et les pays pauvres se creusent tous les jours : 1 milliard de personnes souffrent de malnutrition, 1,6 milliard n’ont pas accès à l’électricité, 3 milliards d’être humains vivent en 2011 avec moins de 2 dollars par jour, il y a un facteur 13 entre la consommation moyenne d’un américain du nord et celle d’un africain ou un facteur 5 avec celle d’un chinois… Les pays en développement ne peuvent élever leur niveau de vie qu’en augmentant leur consommation d’énergie

Enfin, tout ceci est à examiner sur le long terme :

D’abord car les décisions qui se prennent aujourd’hui dessinent le paysage politique de demain.

  • Mais aussi car nous devons anticiper une croissance démographique qui devrait être de 3 milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050
  • Et enfin car nous devons nous inscrire dans une gestion des ressources et de l’environnement

On le voit, développés dans le temps et dans l’espace, les besoins en énergie sont immenses. On peut estimer que la production d’énergie mondiale devrait doubler d’ici 2050.

Comment répondre aux besoins ?

Les ressources naturelles disponibles aujourd’hui sont pour l’essentiel :

  • Les ressources fossiles (charbon, gaz, pétrole et uranium) dont nous savons par définition qu’elles sont limitées.
  • Les énergies renouvelables avec en tout premier l’énergie hydraulique qui est sans doute une des plus intéressantes actuellement, bien entendu le solaire et l’éolien mais qui sont à faible densité et intermittent, et aussi d’autres source telles que la géothermie, les marées motrices ou l’hydraulien qui en sont à leurs balbutiements.

Mais quelle que soit l’origine, pour être consommée, l’énergie doit être produite. Cette évidence me conduit à trois remarques :

1. Toutes les formes d’énergie, qu’elles soient thermiques, électriques ou chimiques, ne répondent pas ux même usages et ne sont pas interchangeables. Actuellement en France la consommation se réparti en 31% transports, 26% industries et agricultures, 41 tertiaires et ménages (monde : T=27%, 1:30%, M et T = 37%). Toutes réflexions doit prendre en compte les spécificités de chaque poste de consommation.

2. L’électricité, qui est la forme la plus élaborée, est susceptible de répondre à des usages multiples. Compte tenu de cette souplesse d’utilisation, elle est incontestablement appelée à se développer. Elle est notamment appelée à jouer un rôle premier sur la question des économies d’énergies. Ainsi par exemple le développement des transports collectifs, du ferroutage ou de la voiture électrique nécessitera plus d’électricité. Il en est de même avec le développement des pompes à chaleur…

Les limites de son extension tiennent d’abord dans le fait qu’aujourd’hui nous ne savons que très partiellement la stocker. Diverses voies sont ouvertes : batteries, pompage -returbinage… La voie de l’hydrogène – qui n’est pas une ressource en soi mais un vecteur d’énergie qui peut être transporté et stocké – semble une voie intéressante… sous réserve de le produire à l’aide d’une source d’électricité.

3. Toute production doit gérer ses risques et ses contraintes

La liste est longue des drames et des accidents qui jalonnent la production énergétique : les coups de grisou dans les mines, les déplacements de population pour les barrages, les marées noires avec le pétrole, les accidents nucléaires…

Mais cette question est loin d’être une question technique. Si la filière bois est aujourd’hui la plus meurtrière, c’est bien parce que les conditions d’exploitation des forêts en Afrique sont catastrophiques. La question qui est posée est essentiellement celle des rapports dans la production : rapport des hommes à leur travail, rapport des hommes entre eux. Cette gestion des risques s’accommode mal (et c’est un euphémisme) de la recherche permanente de la baisse des dépenses dans la sûreté et dans les hommes. Sans préjuger des enseignements techniques qui devront être tirés de l’accident de Fukushima, nous ne pouvons qu’être conforté sur la nécessité de placer le nucléaire sous maitrise publique et, à ce titre, des dangers que représentent la loi NOME ou le recours massif à la sous traitance.

Quelle est la situation actuelle ?

Aujourd’hui, les énergies fossiles occupent une place largement prépondérante dans le bilan énergétique : plus de 80% au niveau mondial (dont 58 % pour le pétrole et le gaz et 24 % pour le Charbon), mais aussi en France où gaz et pétrole correspondent à 66 % de la consommation finale.

Dans cette situation, nous sommes confrontés à deux grandes contraintes inédites :

C’est dès à présent celle du spectre de l’épuisement des ressources en gaz et en pétrole avec ses conséquences immédiates :

  • La recherche et l’exploitation complexe de gisements d’accès difficiles dans des conditions douteuses pour limiter les coûts d’exploitation (exemple des gaz de schistes).
  • L’existence de « crises » dans lesquelles les effets spéculatifs anticipent les problèmes structurels et entraînent la flambée des prix (voir les prix à la pompe).
  • Enfin et surtout, les tensions au niveau international pour le contrôle des ressources pouvant déboucher sur des conflits armés : de la Libye à l’Irak en passant par l’Afghanistan, les exemples ne manquent malheureusement pas dans l’actualité pour illustrer cette situation.

La deuxième contrainte est celle du réchauffement climatique :

Ce point a largement été développé par Luc Foulquier. Aussi je me contenterai de partir ce qu’il nous disait sur la dette environnementale pour faire une remarque sur le charbon. Pour, les pays les plus riches fossiles. Contrairement au pétrole et au gaz, les réserves de charbon dans le monde sont encore relativement importantes et nous savons que les pays en voie de développement feront appel à cette ressource. Les pays riches, qui se sont notamment appuyés sur le charbon pour asseoir leur développement économique, ont une double responsabilité :

  • donner la priorité à d’autres modes de production d’énergie qu’ils maîtrisent
  • poursuivre une exploitation partielle de cette ressource en investissant massivement dans la recherche pour mettre au point des modes de production plus respectueux de la planète (gazéification in situ, lit fluidisé, stockage du C02). Ceci permettrait d’effectuer les transferts technologiques nécessaires afin que les pays en voie de développement et les pays pauvres puissent bénéficier des acquis scientifiques pour inscrire dès le départ leur développement dans un cadre durable et respectueux de l’environnement.

Face à ces deux contraintes, il y a urgence à produire et à consommer autrement :

Pour cela nous n’avons pas trop de tout pour réduire la part du gaz et du pétrole dans la production nationale. Nous avons en particulier besoin de dégager des voies nouvelles, ce qui nécessite un formidable effort de recherche.

Dans l’immédiat, en l’état actuel des connaissances et du développement technologique, trois voies nous sont offertes : les économies d’énergie, les énergies renouvelables, le nucléaire de fission.

Première voie : les économies d’énergie

Faire des économies, c’est bien entendu faire décroître les productions inutiles. Savez vous par exemple que les dépenses d’armement du G8 sont en 2010 de plus de 1200 milliards de dollars. Il y a là de quoi faire. Mais ne confondons pas cela avec l’appel à nous restreindre comme le laisse entrevoir diverses campagnes qui visent à nous culpabiliser. On sait bien qu’à ce jeu, ceux qui se serreront la ceinture sont les plus défavorisés. Rationner l’essence par l’argent gênera sûrement le salarié obligé de prendre sa voiture pour aller au travail mais je doute que cela perturbe le moins du monde le propriétaire de Yacht.

Faire des économies c’est aussi gagner en efficacité énergétique, c’est à dire réduire les dépenses d’énergie pour une même production. Il s’agit d’améliorer les procédés industriels, de rationaliser le couple production / consommation, d’optimiser les matériaux, de revoir la conception et la gestion des modules de vie intégrant habitation, travail, loisir, transport… Mais pour cela nous devons mettre l’humain au cœur de la société et non les multinationales et les dividendes.

Ainsi par exemple, le transport des marchandises apparaît souvent comme incohérent et lourd de gaspillage énergétique. Mais derrière la noria de camions internationaux qui sillonnent les routes d’Europe ou derrière les avions cargo qui transportent les haricots verts du Kenya ou les poires d’Afrique du Sud, il y a la concurrence libre et non faussée, il y a l’exploitation des peuples des pays à bas coût de main d’ceuvre, la remise en cause du droit social et du coût du travail dans notre propre pays, la disparition des petits exploitants agricoles au profit d’une agriculture de mono culture intensive… Il y a aussi l’enrichissement fabuleux des divers opérateurs intermédiaires et, en particulier, des grands de la distribution qui spéculent sur le prix des marchandises.

Deuxième voie : les énergies renouvelables

Bien entendu ces sources d’énergie peuvent être un apport intéressant dans le mix-énergétique à développer pour limiter les rejets de C02. Encore faut-il prendre en compte leurs spécificités et développer des axes de recherche permettant de dépasser les difficultés actuelles d’utilisation.

L’hydraulique, stockable et très souple, peut sans doute encore progresser mais chacun comprend que les sites disponibles sont limités. Des études en cours laissent entrevoir des possibilités intéressantes avec les courants marins – ce que l’on appelle l’hydraulien – et les forces marées motrices.

Au delà de l’hydraulique, le solaire et l’éolien sont à ce jour les filières les plus avancées. Elles ont contre elle d’être des énergies à faible densité et surtout à caractère intermittent. En l’état actuel, ce caractère aléatoire impose de disposer d’installations thermiques à flamme de puissance équivalente, ce qui augmente encore le coût de ces productions et est un facteur de dégagement de gaz à effet de serre.

Bien entendu des progrès dans le domaine du stockage de l’énergie modifieraient la donne. Le développement de ces filières passe donc par la recherche pour baisser les coûts et stocker l’énergie. Il doit s’accompagner d’un développement de toute une filière technologique. C’est tout l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui avec un « développement » basé sur une logique spéculative au détriment de l’usager qui constitue une manne financière pour des « installateurs » qui assemblent des éléments venus d’ailleurs (d’Asie en particulier).

Quoiqu’il en soit, une conclusion s’impose : si séduisantes qu’elles soient, les énergies renouvelables sont incapables, à elles seules, de répondre de manière stable et continue aux besoins nationaux et mondiaux.

Troisième voie : le nucléaire de fission

Le nucléaire de fission a de forts avantages : C’est une énergie à forte densité : la production d’un réacteur est équivalente à celle de 2000 éoliennes ou à 10 millions de panneaux photovoltaïques de 10 m2 ; son coût du KW plus faible – mais très capitalistique – est peu dépendant du coût de la matière première et surtout il est exempt de production de C02.

Par contre, il présente des risqués importants : les déchets et l’accident nucléaire.

La question des déchets qui est souvent mises en avant par les tenants de la sortie du nucléaire n’est pas, me semble-t-il, la plus importante. Aujourd’hui, même si des solutions nouvelles pourront apparaître, nous savons dès à présent, limiter la production de ces déchets, les récupérer et les trier, valoriser ce qui peut l’être, conditionner les déchets ultimes. A titre d’ordre de grandeur, les déchets de hautes activités de 40 ans de production nationale constituent un volume de 400 m3.

La question des risques d’accident grave me paraît beaucoup plus sérieuse. Elle s’appréhende dans le nucléaire comme dans dans d’autre domaine. Nous savons que pour toute réalisation humaine le risque zéro n’existe pas.

Nous devons donc dans la conception même des installations baisser la probabilité d’accident et réduire les conséquences. Mais la sécurité d’une installation repose, en dernier ressort, sur les compétences individuelles et collectives des salariés et sur leur esprit de responsabilité à tous les niveaux. C’est pourquoi la maîtrise de l’outil exige des salariés hautement qualifiés reconnus par un salaire, un statut protégeant les salariés, des droits nouveaux d’intervention, la démocratie dans et hors de l’entreprise…

  • II n’y aura pas de développement du nucléaire sans une acceptabilité sociale. Ceci passe par une maîtrise sociale des choix énergétiques. Cette maitrise sociale a besoin de démocratie et de transparence dans le domaine décisionnel comme dans celui de l’expertise. Elle demande un formidable développement de la culture scientifique et technique.
  • Un réacteur nucléaire ne peut être vendu comme une marchandise ordinaire. D’une part nous devons mettre hors la loi les réacteurs « low cost » que proposent certains pays (Corée). D’autre part l’implantation d’un réacteur nucléaire dans un pays nécessite d’avoir dans ce pays un véritable potentiel scientifique, technique et industriel de haut niveau. Cet aspect pose la question de la coopération et de l’aide au développement.

Tout ceci appelle à une réorientation politique en rupture avec les choix libéraux actuels.

Le nucléaire, comme toute réalisation humaine présente des risques. Peut on maîtriser son développement dans le cadre du secteur public ou peut on sortir du nucléaire et par quoi le remplacer ? Au stade actuel des connaissances et du développement technologique, seul l’appel à des ressources carbonés est envisageable. Certains refusent d’assumer le risque nucléaire : c’est leur droit. Mais il faut alors avoir l’honnêteté et le courage de dire qu’ainsi nous prenons d’autres risques : ceux d’une pénurie d’énergie pouvant conduire à des guerres et ceux d’un réchauffement climatique incontrôlé. Ce sont ces questions que les citoyens doivent trancher. Mais il doivent le faire en ayant toutes les données en main.

Pour l’avenir, la recherche dans le nucléaire doit se poursuivre. Elle doit nous permettre d’aller vers des solutions nouvelles dépassant les problèmes actuellement posés. Il existe en particulier deux pistes potentielles plus ou moins avancées :

a) Les réacteurs de fission dits de 4ème génération : II s’agit de réacteurs plus propres, produisant moins de déchets, plus sûrs, utilisant mieux la matière (100 fois mieux). Ces réacteurs existent même si en France des décennies d’études ont été malheureusement stérilisées par la décision brutale d’arrêt de Super Phénix (Creys Malville).

b) La fusion thermonucléaire : Complètement différent de la fission nucléaire, ce procédé riche de potentialités (plus de cycle du combustible, plus de risque d’excursion de puissance, réserve importante du combustible hydrpgène…) mais il faut être clair sur le fait qu’il n’y aura pas de débouché avant la 2ème partie siècle et qu’ITER est une expérience de physique qui n’est qu’un moment dans un long processus de progression des connaissances : raison de plus pour ne pas perdre de temps !

Certains contestent le choix qui est fait craignant que le financement de ce projet prive les autres secteurs de la recherche.

  • Ce financement n’est pas pharaonique.
  • La recherche a besoin de projet fédérateur.
  • C’est un cas unique de coopération planétaire.

Quelques propositions en guise de conclusion

Une politique énergétique qui s’inscrit dans le cadre d’un développement durable doit se fixer l’objectif de faire du droit à l’énergie un droit universel.

L’équation à résoudre est simple : répondre aux besoins mondiaux croissants de l’humanité en diminuant les rejets de CO2. Cela passe par la construction d’un mix-énergétique spécifique à chaque pays basé sur les principes suivants : efficacité énergétique, diversification des sources, promotion des énergies non productrices de C02.

C’est en tout état de cause aux citoyens de faire ces choix, encore faut il qu’il soit pleinement informé. Cette maîtrise sociale des choix énergétiques a des exigences très concrètes :

  • Transparence et démocratie en terme décisionnel et expertise,
  • Promotion d’une culture scientifique de masse.
  • Association des citoyens aux décisions,

Au stade actuel des connaissances, tous les scénarios qui prévoient de se priver du nucléaire s’appuient sur une compensation d’électricité produite à partir du gaz, ce qui aurait comme conséquences immédiates d’accroitre nos émissions de gaz à effet de serre et d’exacerber les tensions internationales. C’est pourquoi nous disons qu’aujourd’hui le nucléaire de fission est incontournable.

Encore faut-il qu’il soit pleinement dégagé des logiques de profit pour garantir un haut niveau de sûreté. Ceci exige un respect strict de la maîtrise publique avec un haut niveau de garanties sociales permettant le développement de l’emploi qualifié, la pleine citoyenneté des salariés, des droits d’intervention dans la gestion ; cela exige également de grands investissements en technologies nouvelles, en recherche, en formation.

Afin d’élargir la palette des possibles, nous avons besoin d’un formidable effort de recherche tous azimuts et en particulier sur le stockage de l’énergie, les réacteurs nucléaires de 4ème génération et le stockage du C02.

C’est pour atteindre ces objectifs que nous jugeons nécessaire d’aller vers un grand pôle public de l’énergie regroupant l’ensemble des entreprises du secteur.

Il aurait pour tache la mise en œuvre des politiques de recherche, de production et d’économie d’énergie afin de permettre un accès égal pour tous au droit à l’énergie et la sauvegarde du climat.

Outil de la solidarité nationale, il doit être démocratisé avec un pouvoir de contrôle des usagers, des élus et des salariés.

Enfin, il devra favoriser les coopérations européennes et plus largement internationales pour promouvoir les services publics et les transferts de technologies permettant aux pays pauvres de concilier réponses aux besoins et protection de la planète.

Source : PCF Paris – Commission ÉNERGIE

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