Et si une nouvelle gauche s’organisait … Suite

Aux dernières élections municipales, la droite a remporté 26 des 47 villes du Val-de-Marne. Pas question pour autant de multiplier les rapprochements de circonstance avec le parti socialiste : « On ne compte pas privilégier la tactique à deux sous par rapport à la création des rassemblements », tranche Marie-Pierre Vieu. Europe Écologie-Les-Verts privilégie le cas par cas, avec des expérimentations de binômes EELV-Front de gauche. Le résultat, c’est le 4-4-2 : 40 % de binômes avec le Front de gauche, 40 % en autonomie et 20 % avec le PS.

Localement, les candidats tiennent néanmoins à se distinguer de tout parallèle avec le rapprochement entre Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot. « Je ne représente pas Duflot et je ne m’allie pas à Mélenchon », fait savoir Nicolas Dubourg (EELV), candidat sur le canton de Montpellier 2 avec une colistière du Front de gauche. « On s’est retrouvés à travailler ensemble de manière très naturelle. On ne nous a pas imposé ce binôme, ça a été l’inverse, c’est nous qui avons demandé à nos partis respectifs de valider notre candidature », explique ce dernier. Le revers de ces nouvelles alliances est qu’elles s’ajoutent bien souvent à une, deux, voire trois autres candidatures de gauche et participent à la désunion face à la droite. Vu les faibles probabilités de triangulaires au second tour, l’éparpillement des voix de gauche risque d’ouvrir un boulevard à l’UMP-UDI et au FN.

D’après un décompte de l’Ifop, la gauche ne sera ainsi représentée par un seul binôme que dans 21 % des cantons, alors que la droite sera dans ce cas dans 69 % des cantons. Un rassemblement plus large à gauche ne serait pas forcément plus payant sur le plan électoral. « On éprouve un ras-le-bol à voir le parti socialiste faire uniquement campagne sur le vote utile, et ce n’est pas parce qu’il y a plein de logos derrière celui du PS que les gens auront plus envie de voter, parie David Cormand. C’est un calcul purement mathématique, mais pas politique. Le discours de Valls, c’est : “Il n’y a qu’une gauche, c’est la mienne. Et même si vous n’êtes pas d’accord, c’est ma gauche ou la mort de la gauche.” »

Le nouvel espace politique créé par ces alliances sera-t-il électoralement payant ?

« Des retours qu’on a, les gens sont contents d’être ensemble, déclare David Cormand. Ce n’est déjà pas rien, on a connu des scrutins avec des alliés où l’ambiance était moins bonne. » Lui dit être surtout attentif à conserver son nombre d’élus départementaux (40) et les départements où les écolos sont en alliance. C’est le cas dans l’Essonne et le Loiret (avec le PS), en Seine-Saint-Denis (avec Front de gauche et PS), dans la Somme (avec le PS et le PCF), le Limousin (Haute-Vienne et Corrèze), et dans l’Isère que tous citent en exemple depuis l’élection d’Éric Piolle aux dernières municipales. « Le moment politique est à l’expérimentation, ajoute David Cormand, alors que tous les partis sont en attente de recomposition et voient certains de leurs repères exploser. Ça va être intéressant de comparer dans les urnes les différents choix à l’œuvre. On ne pourra plus raisonner selon les prophéties auto-réalisatrices des uns et des autres, mais sur des résultats électoraux. C’est bien plus objectif que des sondages ou d’intimes convictions. »

Sanchez Yannick, Médiapart – Titre original de l’article Une «nouvelle dynamique» est en rodage à la gauche du PS – Source de l’article

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