Enquête. Comment le maïs est devenu une arme de domination massive (2/2)

Second volet : les OGM, cet obscur objet de sécurité nationale.

“La nourriture est une arme.” C’est sur cet axiome que le gouvernement américain a imposé sa supériorité alimentaire au reste du monde, à l’Union soviétique puis à la Chine. Avec les OGM, le maïs devient plus que jamais un enjeu commercial et financier dont les grands fabricants américains entendent bien tirer profit.

Résumé du premier volet. En 2012, le FBI a intercepté trois Chinois qui tentaient de quitter le pays en emportant des plans de maïs hybrides brevetés génétiquement modifiés, propriété des grands semenciers américains, Monsanto, DuPont Pioneer et LG Seeds. Deux de leurs complices présumés, Mo Yun et Mo Hailong, seront jugés très prochainement pour tentative de vol de secret industriel. Pourquoi tant de bruit pour quelques graines de maïs ?  (Retrouvez le premier volet de cette enquête en cliquant ici.)

En avril 2012, Mo Hailong, directeur des affaires internationales de Beijing Dabeinong Technology Group (DBN Group), la maison mère de Kings Nower Seed, a quitté son domicile de Floride pour se rendre à l’aéroport international O’Hare (Chicago), où il a loué une voiture. Une équipe de surveillance du FBI l’a suivi sur de petites routes de la campagne de l’Illinois et du nord de l’Indiana. Un beau jour, au bout d’une semaine environ, il s’est arrêté dans une ferme proche de Monee, dans l’Illinois, qui annonçait vendre des semences DuPont Pioneer. Plus tard, l’agriculteur a expliqué au FBI que Mo Hailong lui avait demandé quel type de maïs et de soja il pouvait acheter, en précisant qu’il venait d’acquérir 40 acres [1 acre équivaut à environ 4 000 mètres carrés] dans la région et qu’il voulait mettre ses terres en culture. L’équipe de surveillance a suivi Mo Hailong jusque dans une autre ferme située à une quinzaine de minutes à l’ouest de Monee, où, c’est ce qu’ont vite révélé les registres immobiliers, Kings Nower Seed avait acheté le mois précédent une parcelle à 600 000 dollars.

Alors qu’ils observaient ainsi Mo Hailong traverser le Middle West et s’arrêter dans des magasins de semences pour se renseigner sur les produits, les agents du FBI ont commencé à suspecter l’homme de vouloir ensemencer ses champs de l’Illinois à la main. Pour Donald J. Lee, le professeur de l’université du Nebraska, voler des semences mères, c’est comme voler un code de programmation sans savoir à quelle application ou à quel système d’exploitation il est destiné. De fait, disposer de la structure génétique d’un grain de maïs n’est qu’une partie du problème. “On ne connaît pas l’importance d’un gène tant qu’on n’a pas de données de production, explique Donald J. Lee. Quand la plante arrive-t-elle à maturité ? Quel est son profil de développement ? Comment réagit-elle à telle ou telle maladie ?” C’est exactement ce que Mo Hailong semblait être en train de faire : mettre en place des champs de test clandestins, qu’il pourrait personnellement surveiller.

Des sacs de maïs payés cash

Les équipes de surveillance du FBI l’ont suivi jusque chez Crossroads Ag, un revendeur de semences DuPont Pioneer installé à Dallas Center, dans l’Iowa, et l’ont vu charger des sacs de semences dans son coffre. Quand les enquêteurs ont interrogé le propriétaire du magasin, il leur a répondu que Mo Hailong avait payé en liquide – plus de 1 500 dollars – six sacs de maïs Pioneer Hi-Bred. Il a également dit que Mo Hailong lui achetait des semences depuis deux ans, qu’il lui demandait toujours les “derniers produits” DuPont Pioneer, mais que cette année il était arrivé avec une liste détaillée. Le semencier avait dit à Mo Hailong qu’il n’était pas censé lui vendre certains des produits qu’il lui demandait s’il ne possédait pas de contrat avec DuPont Pioneer, ce qu’il savait ne pas être le cas. Le lendemain, le FBI a vu Mo Hailong recommencer la même opération : il a acheté six sacs de semences de marque DeKalb, de Monsanto, au magasin MFA Agri Services, à Pattonsburg, dans le Missouri.

Enfin, le FBI a suivi Mo Hailong jusqu’à Adel, dans l’Iowa, où il a déchargé une partie des sacs de semences dans un box de stockage, avant de poursuivre son chemin jusqu’à l’exploitation de l’Illinois, où le reste des sacs a été déchargé et où, estime le FBI, les semences ont probablement été semées. Dans un sac d’hybrides, à peu près une graine sur 200 est une semence mère ; on peut la récupérer en semant le contenu du sac et en récoltant les grains des plantes qui ont l’air différents des autres. Les enquêteurs pensent que Mo Hailong a pu se procurer des semences mères de la sorte. Plus tard, quand lui et deux employés de DBN Group ont entrepris d’expédier par FedEx des grains de maïs à un associé à Hong Kong, le FBI a intercepté les envois et examiné les cinq boîtes. Chacune d’elles contenait 8 ou 9 sacs de 30 à 35 litres remplis de grains de maïs, accompagnés d’un code numérique manuscrit identifiant chaque hybride.

Le FBI n’a pas révélé quand exactement il a eu recours à la loi Foreign Intelligence Surveillance Act (Fisa) et demandé à la Foreign Intelligence Surveillance Court (Fisc) un mandat élargissant ses pouvoirs d’enquête, mais les documents qu’il a remis à cette cour montrent que ses informations sur Mo Hailong et ses associés deviennent bien plus détaillées à partir des réunions de l’été avec les cadres de DuPont Pioneer. Ceux-ci ont expliqué aux agents : Perdre une lignée endogame de semences équivaut à perdre cinq à huit ans de recherche et un minimum de 30 à 40 millions de dollars – potentiellement bien plus.”

Dès lors, le FBI a placé sur écoute les téléphones mobiles des semenciers chinois et épluché les relevés bancaires de Mo Hailong. Il a récupéré leurs courriers électroniques sur Yahoo, Google et Hotmail, des documents d’affaires sur DropBox et des milliers de fichiers sur le compte iCloud de Mo Hailong. Le FBI a également utilisé le téléphone portable de Mo Hailong pour suivre ses déplacements, il a placé des micros sur ses voitures de location pour écouter ses conversations et installé une caméra devant le box de stockage d’Adel.

Les enquêteurs du FBI ont bientôt eu la preuve dont ils avaient besoin pour procéder à des arrestations. Grâce à un dispositif d’écoute placé dans une voiture de location, ils ont pu enregistrer une conversation bizarre et maladroite entre Lin Yong et Ye Jian, deux collaborateurs de Mo Hailong qui travaillaient pour DBN Group. Dans la traduction de la transcription, les deux hommes expriment une vive inquiétude à propos des risques qu’ils encourent s’ils se font prendre. Ainsi, alors qu’ils parcourent la campagne de l’Illinois à la recherche de champs de test de DuPont Pioneer et Monsanto où voler des semences, ils dressent la liste des crimes qu’ils ont commis et arrivent à ceci : violation de propriété, chaque fois qu’ils sont entrés par effraction dans une propriété privée ; vol, pour les semences et les épis qu’ils ont dérobés sur des champs ; et violations multiples du droit de la propriété intellectuelle. “Ce sont des infractions très graves”, s’alarme Lin Yong. “Ils pourraient nous accuser d’être des espions !” l’interrompt Ye Jian. Lin Yong, agacé : “C’est ce que nous sommes !”

Peu après, la saison des récoltes touchant à sa fin, Mo Hailong semble avoir décidé qu’il était temps d’envoyer en Chine le maïs récupéré par lui-même et ses associés. Le groupe est alors retourné à l’exploitation secrète de l’Illinois et a discuté de la façon de répartir les semences. Certaines seraient placées dans des bagages en soute à destination de Pékin, d’autres seraient emportées en voiture jusqu’à la frontière entre le Vermont et le Canada, d’autres retourneraient avec Mo Hailong en Floride, d’où il les enverrait en Chine. Ayant réservé des billets pour le lendemain matin, les cinq hommes préparent des cachettes pour leurs semences – Li Shaoming décide de les dissimuler sous des paquets de pop-corn Pop Weaver pour micro-ondes. Toute la troupe monte dans un minivan blanc et prend la direction de Monee, pour y manger dans un restaurant de la chaîne Subway. Un des hommes, peut-être Ye Jian, a dû bourrer des serviettes dans ses poches en repartant.

Vaincre les communistes

A la fin de la présidence d’Eisenhower [au tout début des années 1960], les écologistes ont commencé à faire part de leurs inquiétudes sur les centaines d’herbicides et de pesticides disponibles dans le commerce et épandus par centaines de millions de kilos sur les cultures américaines. Même quand Rachel Carson a mis en évidence des liens entre le DDT et le 2,4-D, et les taux d’incidence élevés de formes rares de cancers dans son ouvrage Silent Spring, Ezra Taft Benson, alors ministre de l’Agriculture, n’a pas cillé. Au début des années 1970, le président Richard Nixon a choisi Earl Butz, un ancien assistant de Benson, pour occuper le fauteuil de ministre de l’Agriculture. Beaucoup de petits agriculteurs le détestaient, parce que sous la présidence d’Eisenhower il avait prôné haut et fort la transformation des fermes familiales en grandes exploitations industrielles. Pour ces familles, son mot d’ordre, c’était : “Get big or get out.”

A peine avait-il obtenu l’approbation du Congrès qu’Earl Butz a annulé les aides financières du gouvernement pour les terres en jachère, et promis aux agriculteurs de tirer parti de la toute jeune mondialisation de l’économie pour soutenir les prix : si notre production menace les prix, nous irons simplement sur le marché mondial et nous utiliserons notre taille et notre puissance économique pour répondre à la demande et, qui plus est, rendre des pays tributaires des produits alimentaires américains, nous vaincrons les communistes en les rendant dépendants de nous pour se nourrir. En janvier 1972, Earl Butz a vendu ce qui représentait la totalité de nos réserves de céréales aux Soviétiques. Le mois suivant, Nixon s’est rendu en Chine, où il a négocié un accord avec le président Mao Tsé-toung pour autoriser l’importation de maïs américain et obtenu pour les entreprises américaines des contrats pour construire sur le sol chinois treize des plus grandes usines de traitement d’ammoniac au monde, destinées à produire des fertilisants.

Les ennemis communistes des Etats-Unis voyaient ces manœuvres comme un accord : il n’y aurait pas de guerre alimentaire. Earl Butz, lui, les considérait en termes d’“agri-power”, ainsi qu’il l’a très clairement reconnu : “La nourriture est une arme.” Pour ouvrir un nouveau front dans le conflit, il était favorable à ce que les Etats-Unis maintiennent leur supériorité alimentaire avec cette autre innovation : produire des aliments pour le bétail génétiquement modifiés, comme le maïs et le soja. Par le miracle de la science, les Etats-Unis produiraient non seulement plus que leurs rivaux, ils produiraient mieux. En 1972, les scientifiques étaient déjà capables de découper et d’épisser des brins de protéines dans l’ADN de bactéries. S’ils parvenaient à faire de même avec des végétaux, ils pourraient insérer chimiquement des gènes dans leur ADN pour qu’ils résistent aux mauvaises herbes et aux insectes. Moins de cinq ans plus tard, une équipe de l’université de Washington découvrait une forme naturelle d’épissage génétique.

Dans les années 1980, les chercheurs ont mis au point des techniques permettant de retirer certains gènes d’une bactérie et d’y insérer des séquences d’ADN intéressantes. Le gouvernement américain y a vu une technologie que les Soviétiques et les Chinois ne pourraient pas égaler. Monsanto aussi a été prompt à percevoir l’opportunité de ce marché. L’entreprise avait pris de l’ampleur avec la production de 2,4-D et de son descendant, le 2,4,5-T, combinés à l’époque pour produire de l’agent orange et défolier la forêt vietnamienne pendant la guerre. En 1970, à la recherche d’un désherbant encore plus puissant, le chimiste de Monsanto John E. Franz découvre un herbicide appelé glyphosate, qui fut plus tard commercialisé sous le nom de marque Roundup et qui permit d’améliorer infiniment le contrôle des mauvaises herbes à feuilles larges.

L’unique problème du Roundup, c’est qu’il était tellement efficace que les agriculteurs devaient l’épandre avec précaution et ne le vaporiser que sur les mauvaises herbes pour éviter de détruire leurs cultures. Les ingénieurs de Monsanto ont alors entrepris de chercher un gène qui permettrait aux cultures de survivre au Roundup. Ils l’ont trouvé dans l’installation de traitement des eaux usées de l’une de leurs propres usines de production de glyphosate, en Louisiane, où les ouvriers avaient remarqué que certaines bactéries pullulaient malgré le Roundup – l’une d’elles, lors de tests en laboratoire, s’est révélée totalement résistante aux pesticides à base de glyphosate. En 1996, Monsanto a lancé sur le marché du soja génétiquement modifié capable de résister au glyphosate, sous le nom de soja “Roundup Ready”.

Ensuite, des chercheurs ont tenté de trouver dans le génie génétique une solution à la pyrale du maïs, un insecte qui occasionnait chaque année des pertes de production de maïs de plus de 1 milliard de dollars aux Etats-Unis et au Canada. Depuis les années 1960, les endotoxines produites par le Bacillus thuringiensis (Bt), une bactérie commune que l’on trouve dans le sol, étaient vendues comme insecticide microbien pour tuer les larves de pyrale. S’ils parvenaient à isoler l’ADN spécifique qui produisait les toxines du Bt et à l’épisser dans des séquences génétiques de maïs, les scientifiques pourraient créer un épi de maïs qui tuerait la pyrale du maïs. La chose fut bientôt faite et Monsanto a voulu s’associer à un semencier pour commercialiser son nouveau maïs résistant aux insectes. S’il réussissait à adapter ses modifications génétiques aux semences hybrides de Pioneer, il espérait obtenir un maïs avec un rendement inégalé.

A la conquête du marché chinois

Au début des années 1990, trop pressé peut-être de démontrer l’efficacité de ses nouvelles cultures transgéniques, Monsanto a autorisé Pioneer à utiliser ses découvertes pour produire du soja Roundup Ready et du maïs Bt – ne demandant en échange que de faibles droits d’exploitation et aucunes royalties. Ainsi, du jour au lendemain, pour moins de 40 millions de dollars, Pioneer a disposé de la technologie et de la puissance commerciale nécessaires pour faire entrer sur le terrain des cultures fourragères génétiquement modifiées, un marché de plusieurs milliards de dollars en pleine croissance.

Au lieu de s’associer à Monsanto, Pioneer est devenu son plus grand concurrent et, avec DuPont, il a créé la société commune Optimum Quality Grains. En 1999, Pioneer a vendu le reste de ses parts à DuPont – qui a alors pris le nom de DuPont Pioneer et s’est concentré sur la conquête du marché chinois. Depuis, DuPont Pioneer a vu ses parts sur le marché chinois de la semence de maïs considérablement augmenter, pour passer de moins de 0,1 à 12 %. (Monsanto détient de son côté 1 % de parts de marché.)

En mars 2015, les avocats de Mo Hailong ont déposé une requête pour que soient supprimées du dossier toutes les preuves obtenues à partir des écoutes de leur client et de ses associés, au motif que l’autorisation de mener ces écoutes n’aurait jamais dû être accordée. Pour justifier légalement le recours à la loi Fisa, la surveillance doit viser “un agent d’une puissance étrangère” et son objet doit être de recueillir “des renseignements étrangers”. Les avocats de Mo Hailong ont invoqué le fait qu’il n’existait aucune preuve que leur client était un agent du gouvernement chinois ni que son entreprise était soutenue par la Chine. Aussi les avocats de Mo Hailong ont-ils avancé :

Pour la première fois dans l’histoire de ce statut (d’après nos recherches), le gouvernement américain a utilisé le Fisa pour enquêter sur une affaire de secret industriel opposant deux entreprises privées.

Quand il s’agit du capitalisme chinois, la limite entre privé et public est indéniablement floue. Le gouvernement chinois consolide activement le secteur des semences, qui compte actuellement plus de 5 000 entreprises. Cette consolidation doit permettre à la Chine de centraliser la recherche, de développer ses propres hybrides pour être à même de rivaliser avec des géants comme DuPont et Monsanto. Le cas de DBN Group est un exemple notoire de semencier qui prospère grâce à la consolidation du secteur et à l’aide du gouvernement. Fondé en 1994 par un petit génie des semences, Shao Genhuo, le groupe a récemment acquis plus de 30 petites exploitations de production fourragère auprès du gouvernement chinois et il dirige l’Université chinoise agricole conjointement avec l’Académie chinoise de sciences agricoles.

En prenant pour cible Mo Hailong et sa sœur Mo Yun, le FBI espère peut-être incriminer Shao Genhuo (le mari de Mo Yun) et, à terme, impliquer les ministres de l’Agriculture chinois. Cependant l’argument du gouvernement américain selon lequel la technologie qui se trouve derrière le soja Roundup Ready et le maïs Bt ne constitue pas uniquement un secret industriel, mais aussi un secret de sécurité nationale, est problématique.

“Un moyen de pression massif”

Les entreprises comme DuPont Pioneer et Monsanto aiment soutenir qu’elles n’ont d’autre but que de nourrir la population mondiale, en plein essor. Bien évidemment, l’objectif de DuPont Pioneer n’est ni d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, ni de nourrir la population chinoise, mais d’augmenter ses parts de marché et ses profits en conservant la Chine comme cliente. Et le ministère de la Justice américain estime que cet objectif constitue un enjeu important pour notre économie, mais également une question de sécurité nationale – une singulière conjonction des intérêts de grandes entreprises américaines et du pays lui-même.
Aujourd’hui, on estime que 92 % du maïs et 94 % du soja américains sont génétiquement modifiés, la quasi-totalité étant produite par Monsanto ou DuPont Pioneer, comme près de la moitié des semences vendues dans le monde. Des militants des Etats-Unis et de Chine s’inquiètent de ce que deux entreprises seulement exercent autant d’influence sur la production alimentaire mondiale, avec si peu de transparence. (Malgré des demandes répétées, DuPont Pioneer a refusé de participer à cette enquête.)

Mais ces craintes, si elles sont bien fondées, passent à côté de ce que ces entreprises incarnent : l’intention du gouvernement américain d’utiliser la nourriture comme un moyen de pression de plus en plus massif sur de grands pays comme la Chine, qui ont de plus en plus faim. Les poursuites contre Mo Hailong et ses associés sont un avertissement au gouvernement chinois, un avertissement émis par l’intermédiaire d’entreprises qu’il soutient. Les épis dans les champs, les graines dans le sol et même le pollen dans l’air appartiennent aux Etats-Unis, et les Etats-Unis les protègent. Ces produits sont à la disposition du monde seulement pour ceux qui acceptent nos conditions et qui sont prêts à payer notre prix.

Ted Genoways

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