Éducation : Attal en fonction…

En annonçant l’interdiction de l’abaya, le bizut Gabriel Attal a d’ores et déjà réussi sa rentrée. Et plutôt trois fois qu’une.

  • Primo, parce que la fermeté laïque de la mesure est difficilement contestable.
  • Deuzio, parce que ce coup politique du tout nouveau ministre de l’Éducation réussirait presque à éclipser d’autres rentrées qui se voulaient retentissantes, du Havre (écolos) à Blois (PS), en passant par Tourcoing (Darmanin).
  • Tertio, parce que cette prouesse de haute couture jette un pudique drapé sur d’autres réalités contrariantes.

D’abord, le problème des absences de courte durée des profs — poison persistant du système — ne risque pas d’être vite résolu. Attal compte sur un dispositif d’heures sup mieux payées. Hélas, celui-ci s’est, jusque-là, révélé peu incitatif.

Ensuite, le « bac Blanquer » mérite un sévère rattrapage. L’examen démobilisait beaucoup d’élèves dès le mois de mars et faisait ainsi perdre — dixit le gentil Attal — « des centaines de milliers d’heures de cours ». Il faudra donc reporter en juin les épreuves de spécialité programmées en mars, modifier le « grand O », rétablir des heures de maths supprimées, etc.

Autre vérité déplaisante (et peu soulignée par le ministre) : les près de 3 000 postes de prof restés vacants à l’issue des concours de 2023, notamment en maths, en allemand et en lettres classiques. Et pas de plan à l’horizon pour rendre le métier plus attrayant…

Enfin, et surtout, Gabriel Attal a jusqu’ici fait l’impasse sur deux défis majeurs de l’Éducation actuelle : le déficit d’attention des élèves, en proie aux écrans et à la démotivation, et le casse-tête de la mixité sociale et scolaire, clé, selon toutes les études internationales, de la progression éducative d’un pays. Encore un sujet qui n’incite pas à se voiler la face.


Article signé des initiales J.-F. J. Le Canard Enchainé. 31/08/2023


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