Orchestré ?

… ce fléau seyant aux gouvernants…

Quatre jeunes sur dix inscrit-e-s dans un établissement public du supérieur bénéficient en réalité d’une aide de l’État, des profils majoritairement concentrés dans les filières universitaires. Et même en ayant accès à l’échelon le plus élevé, la bourse plafonne autour de 600 euros, loin du seuil de pauvreté en France (1 063 euros).

La plupart des bénéficiaires se trouvent entre l’échelon un et deux, c’est-à-dire entre 100 et 200 euros d’aide financière par mois, des sommes devenues presque dérisoires au regard de l’inflation (malgré un coup de pouce de 4 % l’an passé). Une forte revalorisation devient donc chaque jour plus urgente. 

La première batterie de mesures promises par le gouvernement, applicables dès la rentrée prochaine, devrait concerner une augmentation des montants et éventuellement un élargissement de l’assiette des bénéficiaires.

D’autres pistes sont sur la table, comme celle de territorialiser les bourses (sur le motif, par exemple, que la vie coûte plus cher dans les grands centres urbains) ou la modification des échelons afin d’éviter les effets de seuil.

Actuellement, une différence de 100 euros sur le revenu fiscal par an des parents peut générer un différentiel de 100 euros par mois pour l’étudiante ou l’étudiant boursier. Un très mauvais signal envoyé aux classes moyennes notamment.

Mais l’entourage de la ministre n’en démord pas : le contexte politique social mouvementé, en raison de la décision du gouvernement de repousser l’âge du départ à la retraite, n’influence ni le calendrier ni les arbitrages sur la réforme des bourses. Et même si des chiffres ont pu fuiter ici ou là, le cabinet de Sylvie Retailleau s’en tient officiellement à deux principes phares, sans rien dévoiler de plus : revaloriser les montants et « aider davantage ceux qui en ont le plus besoin ».


La récente passe d’armes au Parlement sur le repas à un euro pour l’ensemble des étudiant·es donne cependant un avant-goût des débats.

Proposée par les socialistes pour en finir avec les files d’étudiant-e-s patientant devant la porte des épiceries solidaires, cette mesure a été rejetée par le camp présidentiel, alors même qu’elle avait été initiée par le gouvernement Philippe au moment de la crise sanitaire. 

Symboliquement, l’effet s’est avéré délétère, les députés de la majorité critiquant une mesure injuste car « égalitariste », l’élu Renaissance à Paris, Sylvain Maillard, lâchant même cette phrase passée à la postérité : « Grâce à vous, les enfants de votre ami Bernard Arnault pourront aller au Crous et ne payer qu’un euro. »

Erwan Balanant, député de la majorité, assume : « C’est une question de philosophie politique. Nous considérons effectivement qu’il faut mettre le paquet pour ceux qui en ont le plus besoin. » Tout en critiquant « l’hypocrisie » de l’opposition sur la question. « Le repas à un euro, c’est nous qui l’avons inventé, pas les socialistes ou les Insoumis ! », fulmine le député. 

« Toutes ces absurdités sur les enfants de milliardaires, qui n’ont jamais mis un pied au Crous ou dans les facs publiques, au nom de l’aide aux plus précaires, ça ne passe pas, rétorque Imane Ouelhadj.


D’après un long article signé par Mathilde Goanec et Faïza Zerouala . Médiapart. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Orchestré ?

  1. bernarddominik 01/03/2023 / 12:38

    Un gouvernement qui n’investit pas dans l’éducation nationale n’a pas compris que l’avenir de notre pays est dans l’éducation

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