Pain !

Boulangers sont dans le pétrin.

Sur fond de grippe aviaire, de guerre en Ukraine, de caprices climatiques, le prix des ingrédients utilisés dans les fournils a flambé. Comptez 16 % pour les œufs, 20 % pour le beurre, 26 % pour la farine, 40 % pour le sucre… Et que dire des factures d’électricité et de gaz !

Pour cuire son pain, ses croissants et tous ses gâteaux, un boulanger consomme en moyenne 99 000 kWh par an, soit peu ou prou ce que crament en électricité sur la même période les fours d’un millier de ménages.

Résultat : les dépenses énergétique pèsent désormais jusqu à 20 % du chiffre d’affaires des boulangeries-pâtisseries, contre 5 % avant l’envolée des coûts du gaz et de l’électricité.

Pour éviter qu’une partie de nos 33 000 boulangers ne mettent la clé sous la porte, le gouvernement est monté au créneau. « L’État est aux côtés de tous les boulangers de France, et nous ne laisserons tomber personne », a clamé Bruno Le Maire, le 3 janvier, une promesse resservie par Macron deux jours plus tard, lors de la traditionnelle galette des Rois à l’Élysée.

On applaudit cette volonté de donner un coup de pouce à nos petits boulangers. Sauf que, hormis le « bouclier tarifaire », réservé aux seules boulangeries de moins de 10 salariés, qui plafonne à 15 % les augmentations des factures de gaz et d’électricité, les autres aides enfournées par le gouvernement vont aussi mettre du beurre dans la galette de la boulange industrielle. Prenez l’« amortisseur électricité », qui permet d’éponger jusqu’à 20 % de la facture : il est taillé pile-poil pour les boulangeries qui alignent entre 11 et 249 salariés, sachant qu’un boulanger en France emploie en moyenne 6 personnes.

Plus goûteux encore la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française a obtenu que la réduction de la taxe sur l’électricité (passée de 22,50 euros à 50 centimes par mégawattheure) s’applique à tous ses adhérents sans aucune limite de taille. « Il aurait fallu concentrer les aides sur les petits boulangers ; là on va encore renforcer I Industrialisation de la profession », s’agace un artisan.

Rappelons que 70 % des galettes des Rois servies actuellement sortent d’une seule et même usine, en Ille-et-Vilaine, appartenant à PanaviVandemoortele, le géant belge de la boulangerie surgelée, ou encore que près de 40 % des croissants proposés en boulangerie sont des surgelés prêts à cuire fournis par des grossistes.

Tout ça fout les miches à zéro !


Laisser un commentaire