Empastillé bleu

Le rachat de Twitter par Elon Musk crée des problèmes assez inattendus.

Avant son arrivée, une question s’était posée dans les bureaux de la Silicon Valley : les méchants de ce monde devaient-ils bénéficier de la certification, cette petite pastille bleue qui atteste de votre sérieux et vous confère le respect des autres twittos ? Réponse claire et nette : non.

Mais le patron et les règles ont changé.

Grâce au boss de Tesla, n’importe qui peut désormais bénéficier de cette pastille, au moyen du programme Twitter Blue, et ce en échange de seulement 8 dollars par mois.

Il n’en fallait pas plus pour que les talibans se jettent sur l’occasion. Et si autrefois la certification n’apportait aucun avantage, Twitter Blue permet dorénavant à ceux qui y souscrivent de télécharger des vidéos plus longues (jusqu’à 1 heure, contre 2 minutes 20 pour les gueux), d’annuler un tweet, et surtout d’apparaître en premier dans le fil d’actualité des autres.

C’est ainsi qu’Ahmad Yasir, un taliban haut placé actuellement localisé à Doha, s’est servi de sa nouvelle notoriété pour… provoquer le Pakistan en tweetant une photo de la reddition du Pakistan à l’Inde durant la guerre d’indépendance du Bangladesh, tout en enjoignant le pays de rester à l’écart de ce qu’il se passe en Afghanistan.

Dans la même veine légèrement lunaire, les talibans ont organisé un Twitter Space, sorte de groupe public éphémère où l’on communique par audio, pour soutenir Andrew Tate, un influenceur masculiniste et misogyne actuellement emprisonné en Roumanie pour « trafic d’êtres humains ».

Deux choses à retenir, donc : les talibans soutiennent les Américains dès lors qu’ils haïssent les femmes autant qu’eux ; et Elon Musk n’a aucun problème à faire du business avec une organisation considérée comme terroriste par l’ONU.


L . Redaud – Charlie hebdo. 18/01/2023


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