Brèves du 20 janvier 2023

  • Brigitte Macron, petite main chez LVMH : « J’ai porté l’uniforme comme élève : 15 ans de jupette bleu marine, pull bleu marine. Et je l’ai bien vécu. Cela gomme les différences, on gagne du temps – c’est chronophage de choisir comment s’habiller le matin […] » (Le Parisien, 11/01/2023). C’est vrai que, dans bien des familles, beaucoup d’élèves perdent un temps fou à hésiter entre le pull hérité du grand frère et celui acheté à Emmaüs.
  • Maria Malagardis journaliste de Libération spécialiste du Rwanda, retweete un papier de Mediapart consacré à Aloys Ntiwiragabo. Si ce nom ne vous dit rien, pour les Tutsis, il est l’un des responsables de leur massacre, désormais tranquillement installé en France. Pas un sous-fifre, non, mais le responsable du renseignement militaire, recherché par Interpol pour « crime contre l’humanité ». Mais le retweet de la journaliste était accompagné de ce commentaire : « Un nazi africain en France ? Quelqu’un va réagir ? » Le terme de « nazi » lui vaut aujourd’hui d’être poursuivie en justice pour « injure publique ». L’histoire aurait presque pu être drôle. Imagine-t-on Klaus Barbie portant plainte parce qu’on l’a traité de « stalinien allemand » ou de « Khmer de Weimar » ? Mais au final, l’interrogation est très sérieuse. En Histoire, s’il n’est pas toujours possible de comparer «à », il est légitime de comparer « avec », autrement dit de chercher les ressemblances et les différences. C’est en s’efforçant d’individualiser les crimes de masse que les tortionnaires tentent de se disculper. L’Histoire a déjà jugé ; il est possible de ranger au sein d’une même catégorie ces meurtriers, qu’ils soient hutus, allemands ou cambodgiens. C’est historiquement légitime, mais aussi moralement salutaire.

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