L’agité en service commandé.

Mais, que dégoise-t-il, le guignolo de C8, au milieu de l’arène de ses chroniqueurs dévoués, débout, gesticulant comme un lion en cage, et déroulant six minutes de diatribe clownesque et virulente contre le financement du service public…

« J’ai vu un truc qui m’a fait halluciner », commence-t-il, lundi 16 janvier, dans son émission Touche pas à mon poste sur C8. « Savez-vous combien l’État donne, par an, à France Télévisions et Radio France ? Quatre milliards ! Donc tous les ans, nous, on donne, à France Télévisions et Radio France, 4 milliards ! »

Et l’animateur de plonger dans la pure démagogie : « Avec 4 milliards, on peut en acheter des autos pour la police, on peut refaire quelques hôpitaux, on peut augmenter les enseignants et voir ce qu’on peut faire dans les lycées et les collèges. » « Incroyable », « hallucinant », « dingue », acquiescent les chroniqueurs. « Privatisez-moi ça ! » Sont sauvés le magazine le papotin (pendant lequel des personnes atteintes de troubles autistiques interviewent des personnalités) et Michel Drucker – « c’est mon ami ».

Bon. D’abord, peut-on croire que Cyril Hanouna découvre seulement le financement de l’audiovisuel public, lui qui a animé pendant deux ans son émission sur… France 4 ?

Vincent Bolloré patron de C8, lui a pourtant bien appris à ne jamais tourner les dos à ceux qui le nourrissent… Ensuite, la mécanique des humeurs de l’animateur étant tellement huilée, on se doute qu’il réagit ici à une attaque. Probablement à cet « entretien » de la ministre de la Culture, paru dans Le Monde hier.

Rima Abdul Malak a eu l’outrecuidance de rappeler C8 à ses obligations, « comme celles de traiter les affaires judiciaires avec mesure ou de respecter le pluralisme des opinions, etc. ». Et la ministre de menacer C8 et CNews : « Lorsqu’on arrivera, en 2025, au moment de l’analyse de leur bilan pour la reconduction de leurs autorisations de diffusion, l’Arcom saura regarder comment elles ont respecté ces obligations. »

Le crime de lèse-majesté est là. Hanouna fait ici de la politique, et défend son vénéré patron, Vincent Bolloré. Éric Zemmour lui a d’ailleurs fidèlement emboîté le pas et a dénoncé à son tour « la propagande que nous fait subir le service public audiovisuel ». Lui aussi doit beaucoup à Vincent Bolloré.


Julia Vergely. Télérama. Source (extraits)


2 réflexions sur “L’agité en service commandé.

  1. bernarddominik 18/01/2023 / 11:00

    Hanouna c’est la TV niveau zéro. Je ne regarde jamais C8. Elle passe même des films de type catéchisme : vie des saints en mode apologétique.

    • Libres jugements 18/01/2023 / 15:20

      Bien d’accord avec toi Bernard, Hanouna est le pantin présentateur d’un type d’émission destinée à décerveler l’auditeur, tout en permettant à son patron d’engranger des bénéfices et d’influer sur des façons de penser. Reste qu’il y a une audience pour ce genre de conneries et dans la mesure où le culturel est absent dans une très grande partie de l’éducation, sur 90% des chaînes, aux émissions radiophoniques, à pratiquement la quasi totalité de la presse populaire, il y aura des personnes pour écouter.
      Amitiés
      Michel

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