No platoc !

Il l’avait dit en septembre 2021, out le plastique pour emballer fruits et légumes…

« Nous serons le premier pays à ne plus avoir de plastique autour de nos fruits et de nos légumes, avait-il ainsi annoncé lors du Congrès mondial de la nature. Une vraie révolution qui permettra d’éviter plus de 1 milliard d’emballages en plastique inutiles chaque année… » Mais, voilà que le décret qui devait progressivement supprimer, à partir de 2023, les emballages en plastique pour tous les fruits et légumes a été annulé au début du mois dernier par le Conseil d’État.

De quoi réjouir l’industrie française du plastoc, qui pèse 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Laquelle avait attaqué ledit décret en justice, au prétexte que vendre en vrac framboises, fraises, endives, épinards, champignons et autres graines germées favoriserait le « gaspillage alimentaire », alors que la loi pour une économie circulaire votée en février 2020 a pile-poil pour ambition de lutter contre.

Dans son communiqué pondu pour fêter la décision de la haute juridiction, Plastalliance, l’organisation qui regroupe les fabricants tricolores de plastique, titrait, sans rire : « Victoire pour la lutte contre le gaspillage alimentaire ».

Également vent debout contre l’interdiction du plastique dans les étals de fruits et légumes : la grande distribution, qui redoute des frais de manutention supplémentaires, et les grosses coopératives fruitières et maraîchères, qui s’offusquent d’un risque de « perissement » plus rapide de leurs produits.

Le ministère de la Transition écologique a donc rédigé à la hâte un nouveau projet de décret, néanmoins le texte est nettement moins ambitieux. « On compte encore une tripotée d’exceptions. Ainsi, 25 fruits et légumes pourront continuer d’être emballés avec du plastique », s’agace Moka Touneur, de l’ONG Zero Waste France.

Plus grave, la date limite des dérogations qui auparavant était fixée au plus tard le 30 juin 2026, a disparue, autrement dit plus aucune date légale, contraignante. Tant pis si déjà près de 70 % de fruits et légumes sont vendus en vrac et que ceux conditionnés sous cellophane génèrent 20 000 tonnes de déchets par an.

Autant de microplastiques qui, après avoir été rejetés à la baille, sont becquetés par les crustacés et les coquillages puis finissent dans notre assiette.

Comptez en moyenne, pour chacun d’entre nous, 5 grammes par semaine, l’équivalent d’une carte de crédit !

Le plastique, c’est vraiment fantastique.


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