Inquiétude du pouvoir…

Si le front parlementaire s’est un peu détendu, avec le probable vote d’une majorité de députés LR en faveur de la réforme des retraites, le pouvoir surveille désormais le front social comme le lait sur le feu.

Certains ministres, tels Olivier Véran ou Olivier Dussopt, se montrent, en privé, relativement sereins, tablant plus, sur une lassitude des Français que sur une forte mobilisation. D’autres, au sommet de l’État, ne dissimulent pas leur inquiétude.

« Tout le monde peut craindre que cela parte n’importe comment, admet un ministre de haut rang qui réclame l’anonymat. On ne va pas jouer à se dire « même pas peur », on ne se fiche pas de ce qui peut se passer dans la rue, mais personne ne sait où l’on va. »

Rassurant !

Le souvenir des gilets jaunes reste évidemment vivace en haut lieu, et, « même s’ils n’étaient que 4 000 à manifester samedi dans tout le pays, on sait bien que tout peut arriver », ajoute notre ministre.

Autre source d’inquiétude, plus récente : la grève des contrôleurs de la SNCF à la fin de l’année, à l’initiative d’un collectif de 4 000 à 5 000 personnes qui s’était constitué hors de tout syndicat, comme celle des médecins libéraux.

Et c’est bien ce qui angoisse le plus le pouvoir : le fait que les syndicats ne contrôlent plus vraiment leur base et la suivent dans la surenchère.

À ces sombres perspectives s’ajoute la crainte, désormais récurrente, de la violence en marge des manifs.

Gérald Darmanin a jeté un froid chez ses collègues lors la dernière réunion de ministres consacrée aux retraites, le 5 janvier. Le ministre de l’Intérieur a pris son ton le plus solennel pour s’adresser à eux : « Il faudra que vous limitiez vos déplacements pendant les périodes de tension, car les forces de l’ordre seront mobilisées pour répondre aux manifestations. Et aussi parce que des ministres risquent d’être agressés. »

Au moins, ça produira des économies d’essence et de kérosène…


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