META-(Facebook-Instagram)…

… Va passer à la caisse !

L’Europe commencerait-elle à montrer les muscles face aux superprédateurs du capitalisme numérique ?

Mercredi 4 janvier 2023, l’Union européenne a infligé une paire d’amendes salées (pour un montant de 390 millions d’€) à Meta.

Non seulement la maison mère de Facebook et Instagram est accusée d’avoir utilisé les données personnelles de ses utilisateurs sans leur consentement à des fins publicitaires, mais la sanction n’est pas qu’un caillou dans la chaussure : elle les somme en creux de changer leur modèle économique (ou de prendre le risque de repasser à la caisse).

C’est la Data Protection Commission (DPC) irlandaise qui est chargée de protéger la vie privée de quatre cent cinquante millions d’Européens, en mettant au pas les plateformes américaines qui ont installé leur siège en Irlande pour des raisons fiscales. En septembre et en novembre, elle avait déjà condamné Meta à payer 405 et 265 millions d’euros, pour une ardoise totale qui dépasse désormais le milliard.

Mais ne crions pas victoire trop vite : la DPC avait d’abord envisagé une sanction beaucoup plus légère, autour de 30 millions d’euros, et il a fallu que le Comité européen de protection des données (CEPD) en rehausse le montant sous la pression des autres régulateurs de l’UE. Le problème n’est hélas pas nouveau.

En 2021, l’activiste autrichien Max Schrems, cauchemar de Mark Zuckerberg et fondateur de l’association NOYB, pestait contre le laxisme du gendarme irlandais, « triangle des Bermudes où meurent les plaintes ». D’ailleurs qui le sait: outre son bureau de Dublin, la DPC occupe un cagibi, mitoyen d’une supérette, dans le bourg de Portarlington, à une heure de la capitale. Comme le symbole d’un rapport de force qui reste très déséquilibré.


Olivier Tesquet . Télérama. N° 3809. 11/01/2023


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