Un pas…

… en avant, deux pas en arrière… chanson hélas trop connue !

Élisabeth Borne rétrograde. […] … une partie du projet de décret qui consistait à durcir un peu plus la réforme de l’assurance-chômage sera retirée, a annoncé, mardi, la première ministre sur France Info.

Cette partie du texte imposait une réduction de la durée d’indemnisation de 40 % et non plus de 25 % comme prévu par la réforme, si le taux de chômage passait sous les 6 % (contre 7,3 % actuellement).

La CFDT(ce syndicat enclin à adopter les volontés gouvernementales) avait immédiatement réagi au travers d’un communiqué, et même menacé de se battre « pour les plus précaires, les chômeurs de longue durée, notamment les seniors » afin qu’ils « ne subissent pas cette nouvelle injustice ».

La violence du décret était d’autant plus forte qu’à aucun moment les organisations syndicales n’avaient eu vent d’un tel durcissement lors des concertations. À demi-mot, tout en affirmant que ce point n’était pas « une surprise », Élisabeth Borne a admis qu’il n’avait « peut-être pas suffisamment fait l’objet de discussions ».

Un ajustement pragmatique

Si la nouvelle est bonne à prendre, il s’agit avant tout « d’un recul tactique », analyse Denis Gravouil. Une analyse partagée par son homologue de Force ouvrière, y voyant « un petit recul obligé » car le Conseil d’État aurait « retoqué la mesure parce que non concertée », estime Michel Beaugas.

La concession faite par la cheffe du gouvernement, juste avant une nouvelle valse de concertations sur les retraites, est en réalité loin d’être un renoncement. Juste un ajustement pragmatique visant à ne pas ouvrir tous les fronts sociaux à la fois. D’autant que rien ne presse : la moitié des économies européennes devraient tomber dans les prochains mois en récession, d’après le FMI. Ce qui ne devrait pas permettre à l’économie française de réduire son taux de chômage sous la barre des 6 %. Celui-ci devrait, selon les estimations de la Banque de France, atteindre 7,5 % de la population active en 2023, puis 8,2 % en 2024.

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Clotilde Mathieu. Source (Extraits)


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