L’incroyable flingage…

… politique du patron du « 36 » !

Tombé sous le feu nourri des socialistes et des sarkozystes, le commissaire Petit est blanchi après huit ans d’une procédure bâclée.

L’un des grands chefs de la police s’est vu, le 6 décembre au tribunal de Paris, lavé de tout soupçon après avoir été accusé des pires turpitudes. Une bérézina pour les juges et les enquêteurs, mais aussi une affaire à fort parfum politique, où socialistes et amis de Sarkozy se sont surpassés.

Ce que l’on reprochait à Bernard Petit, l’ex-patron du 36 quai des Orfèvres ?

D’avoir violé le secret de l’instruction dans une affaire de trafic de montres. Mais l’accusation, à l’audience, s’est avérée montée de toutes pièces… d’horlogerie ! Le grand flic aura dû attendre pas moins de huit ans pour être blanchi par la justice et qu’apparaissent au grand jour les bontés dont plusieurs élus, ministres et cadres de parti l’avaient comblé. Retour en arrière.

Le 4 février 2015, la police des polices déboule au Quai des Orfèvres. Les bureaux de Petit et de son dircab sont perquisitionnés. Le chef et son adjoint sont aussitôt placés en garde à vue, dans la nuit, puis mis en examen.

Le lendemain, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, exécute sommairement le patron du 36 sur la voie publique. Et met à la retraite d’office celui-là même qui, quelques jours plus tôt, orchestrait la traque des tueurs de « Charlie Hebdo » et l’assaut de l’Hyper Cacher de Vincennes. Au revoir et même pas merci.

Petits soins sarkozystes

Le commissaire n’est pas seulement la bête noire de Cazeneuve. Tout un pan de la Sarkozye voulait aussi se faire Petit. D’abord parce qu’il avait piqué la place d’un ami de la famille, Christian Flaesch, débarqué à cause d’une écoute téléphonique. Flaesch rancardait Hortefeux, l’ex-ministre de l’Intérieur dont le portable était « branché »… par Petit, alors chargé des dossiers financiers. A ce poste, ce dernier a piloté toutes les enquêtes sur le petit Nicolas et son clan : Bygmalion, la Libye… sans oublier Bismuth ! C’est d’ailleurs l’une de ses fidèles, placée à la tête de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière, qui a déniché la ligne secrète de Sarkozy et de son avocat.

Allô, j’écoute !

Comme le hasard fait vraiment bien les choses, c’est un intime de Frédéric Péchenard, l’ami flic de Sarko, qui coince Petit dans l’enquête sur Jo Masanet. Et c’est toujours un pote de « Péche » qui instruit son dossier sans câlineries. Au même moment, le juge Roger Le Loire négocie son investiture pour les législatives sous les couleurs de l’UMP. Nouveau coup de chance : Péchenard siège alors au sein de la commission désignant les candidats du parti. Philippe Lemaître, poisson pilote des sarkozystes, détaché auprès de Masanet, ne s’est pas privé de compromettre Bernard Petit durant l’instruction.

Des accusations sans preuve prises pour argent comptant par le juge Le Loire et les boeuf-carottes. Lesquels, afin de prouver que Lemaître était tuyauté par le grand flic, ont insisté sur les 450 mails échangés entre les deux hommes. En réalité, il s’agissait de l’envoi automatisé d’une banale revue de presse.

A l’audience, piteux, Lemaître a dû reconnaître que Petit ne lui avait jamais confié le moindre secret. Tout à leur obsession de faire tomber ce dernier pour faire plaisir à leur ministre, les enquêteurs n’ont en revanche jamais eu la curiosité de chercher l’origine des 350 000 euros retrouvés dans un coffre en Suisse au nom de Lemaître.

La faute au secret fiscal, sans doute.


Didier Hassoux et Christophe Labbé. Le Canard enchaîné. 14/12/2022


Une réflexion sur “L’incroyable flingage…

  1. bernarddominik 20/12/2022 / 08:25

    Très révélateur des méthodes de barbouzes de nos dirigeants tant PS que LR.
    J’espère que ses accusateurs répondront de leurs actes devant la justice.

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