Retraites

… même un dimanche, ben, oui, parlons-en même en ce jour supposé de repos…

  • Personne ne peut travailler plus longtemps sans atteinte sur la santé

Macron et son gouvernement envisage d’augmenter la durée de cotisation. Pour cela il a annoncé vouloir passer l’âge légal de la retraite de 62 à 65 ans. Chez les salariè-e-s, les réactions sont négatives.

73% des français-e-s situent l’âge idéal de départ en retraite à 62 ans ou moins. Ils-elles savent que travailler plus longtemps expose à :

  1. L’espérance de vie en bonne santé était de 63,7 ans pour les hommes et de 64,6 ans pour les femmes en 2019
  2. Seuls 38% des personnes de plus de 60 ans sont encore en emploi.
  • Le gouvernement veut faire des économies sur les retraites pour justifier les baisses d’impôts accordées aux entreprises

Le gouvernement prétend que le système des retraites va s’effondrer si on n’augmente pas l’âge de la retraite très rapidement. Or le conseil d’orientation des retraites (COR) vient de publier un rapport qui indique qu’aujourd’hui les comptes des retraites sont excédentaires et qu’à long terme les dépenses de retraites seront stables ou en diminution.

Le gouvernement s’empresse de réformer les retraites car il s’est engagé auprès de la commission européenne sur des économies de dépenses publiques.

  • Il cherche d’un côté à supprimer les « impôts de production » des grandes entreprises pour un montant de 10 milliards d’euros, et entend réformer les retraites pour combler un déficit du même montant.

Rappelons qu’en 2021 ce sont 150 milliards d’aides publiques, soit 30 % du budget de l’État qui a été engouffré dans ces dépenses, et alors que les salaires stagnent mais les profits décollent.

« Les grandes entreprises sont biberonnées d’aides publiques. Aujourd’hui, ce sont 150 milliards d’euros chaque année qui vont aux entreprises. 30% du budget de l’Etat. »

  • De l’argent, il y en a (pour la retraite à 60 ans)

La hausse des recettes allouées aux retraites n’est jamais évoquée comme une solution par le gouvernement qui ne retient que la hausse de l’âge de la retraite ou la baisse du niveau des pensions.

Or la CGT propose un plan de financement de 100 milliards d’euros (4% du PIB) qui permettrait d’assurer la retraite à 60 ans avec 75 % du dernier salaire. On peut faire ça :

  • En revenant au plein emploi (3% de chômage)
  • En augmentant de 1% le salaire moyen
  • En respectant l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

Mais aussi :

  • En luttant contre la fraude aux cotisations sociales (1 à 2 milliards d’euros)
  • En supprimant les exonérations de cotisations sociales qui ont été offertes aux patrons ces dernières années (75 milliards d’euros)
  • En mettant à contribution les dividendes (20 milliards d’euros) et l’épargne salariale et la CSG (10 milliards d’euros)
  • En modulant à la hausse les cotisations sociales des entreprises qui suppriment des emplois (jusqu’à 10 milliards d’euros)
  • La retraite par capitalisation ne sera jamais une solution

Les gouvernements successifs ont provoqué la baisse du niveau des pensions en refusant d’augmenter les ressources allouées aux retraites et en repoussant sans cesse l’âge de départ en retraite.

Ce recul de la retraite par répartition assurée par la mise en commun des cotisations et organisée par la sécurité sociale ouvre un boulevard aux banques et aux assurances qui cherchent à vendre des produits de retraite par capitalisation.

  • Or la retraite par capitalisation est un système risqué pour celles et ceux qui y recourent :
  • Les banques et les assurances proposent des systèmes à cotisations définies et non à prestations définies (comme notre système actuel), cela signifie qu’on sait ce qu’on cotise mais on ne sait pas ce qu’on perçoit une fois à la retraite
  • Les banques et les assurances sont incapables de garantir le niveau minimal de prestation que nous offre actuellement le système par répartition
  • sur les marchés financiers il y a des comportements collectifs qui génèrent des bulles, puis des crises, ce sont les retraité-e-s qui ont capitalisé qui en payent le prix !
  • les gestionnaires d’actifs de retraites ont des pratiques de plus en plus court-termistes en raison des modalités d’évaluation de leurs performances

En défendant notre système de retraite on s’assure une retraite solidaire qui vise à maintenir notre niveau de vie au moment du passage à la retraite.


Une réflexion sur “Retraites

  1. BLIN ROBERT 19/12/2022 / 11:26

    Excellent résumé de la situation. Mais je m’étonne de l’absence de référence à l’Union européenne qui, par différents mécanismes plus ou moins institutionnels acceptés par les pays membres, invite, incite, contraint à ce type de réformes. Celles-ci se font au profit des Etats-Unis en passant par des vassaux de l’Union européenne !

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