Perenco…

… optimise ses finances et sa ferraille

Le patrimoine de la famille d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de l’Accélération écologique, et de sa descendance est lié aux bonnes affaires du groupe pétrolier et gazier Perenco. En matière d’optimisation financière, Perenco en connaît un rayon et pousse jusqu’au bout sa logique d’armateur et d’exploitant de gisements pétroliers et gaziers.

« À la casse », le bulletin trimestriel de Robin des Bois sur la fm de vie des navires, notait, l’été 2008, que Perenco, dont la nationalité était à cette époque strictement française, avait vendu pour démolition à Chittagong, Bangladesh, son tanker simple coque Muadi pour 585 dollars/tonne, soit près de 13 millions de dollars.

Le Muadi, construit en 1972, avait été dix ans plus tard reconverti en stockage flottant de pétrole brut et exploité par Perenco au large du Congo. 13 millions de dollars pour une coque pourrie âgée de 36 ans, c’est une belle affaire pour Perenco, une mauvaise pour les ferrailleurs du Bangladesh. Avant la livraison du Muadi, Perenco n’a pas procédé à l’enlèvement de l’amiante, des PCB, des boues d’exploitation faiblement radioactives…

13 millions de dollars pour une coque pourrie

Bis repetita, mais cette fois à Alang, État du Gujarat, Inde. Le King Kong I s’échoue volontairement sur la plage début 2020. Il est destiné à la démolition. Il s’agit en fait du Conkouati, exploité par Perenco en tant qu’unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO) pendant vingt-neuf ans au large de Pointe-Noire, république du Congo. Courant 2019, Perenco l’avait vendu à une de ses filiales, la Veslin Holdings, enregistrée aux Bahamas.

Par une de ces facéties dont les armateurs sont friands, il avait non seulement changé de nom, mais aussi de pavillon, passant de celui de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, qui n’est déjà pas très reluisant, à celui, désastreux, des Comores, bien suffisant pour un dernier voyage. Le King Kong I avait été lancé en 1973 en tant que pétrolier, sous le nom de Kollbjorg. L’affaire n’est pas aussi gratifiante que pour le Muadi, mais compte tenu de la crise financière et du début de la pandémie de Covid, c’est quand même pas mal. Elle a rapporté 8 millions de dollars à Perenco.

Autre facétie, profitant de l’interruption des travaux de ferraillage à la main et sans équipement de protection, un léopard s’est installé dans la moitié du tanker qui restait à démolir (soit 162 m) et venait y passer ses jours après avoir chassé la nuit. Il a été localisé, anesthésié par les agents forestiers et remis en liberté dans un habitat approprié. C’est peut-être la première fois que Perenco a participé à un sauvetage de la faune sauvage.


Jacky Bonnemains. Charlie hebdo. 14/12/2022


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