L’ultradroite « se lâche »…

… à Lyon et défie de nouveau les pouvoirs publics

Les violences et provocations se sont multipliées ces derniers mois, dans les rues de Lyon, de la part de 300 à 400 militants radicaux, ragaillardis par un sentiment d’impunité.

Les autorités peinent à trouver la parade contre cette galaxie de haine, malgré la dissolution des deux principaux groupuscules de l’extrême droite locale, en 2019 et 2021.

[…] Ce 8 décembre dernier, des membres des Remparts de Lyon se sont mêlés à un cortège du diocèse qui célébrait la Vierge. Ce groupuscule d’extrême droite, qui rassemble d’anciens membres de Génération identitaire, association dissoute en mars 2021, brave les autorités : un arrêté préfectoral a interdit l’organisation de leur procession Lugdunum Suum (« Notre Lyon ») pour risque de « sérieux troubles à l’ordre public ». 

Une fois les quelque 300 militants glissés au milieu des croyants, les forces de l’ordre préfèrent ne pas intervenir pour éviter un mouvement de foule, alors même qu’une banderole des Remparts est brièvement déployée.

« La présence de la foule dans le cadre de la Fête des lumières et de nombreuses familles rendaient nécessaire une intervention proportionnée, justifiera plus tard la préfecture du Rhône. L’arrêté a clairement permis de limiter la portée revendicative de cette manifestation. »

Jusqu’où iront-ils ? Ces derniers mois, les groupes lyonnais d’extrême droite ont multiplié les actes violents et les démonstrations de force au mépris des décisions de justice ou administratives.

Trois jours avant la procession de Fourvière, le 5 décembre, toujours dans le Vieux Lyon, deux militants de La France insoumise et membres du collectif « Fermons les locaux fascistes » étaient agressés, en fin d’après-midi, lors d’une opération de tractage. L’une des victimes, âgée de 18 ans, a été gravement blessée à la tête. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « violence par pluralité d’auteurs ».

Cette attaque est le dernier événement inquiétant d’une liste qui a émaillé l’automne lyonnais 2022. 

  • Le 26 novembre : des activistes de l’extrême droite radicale s’en prennent au service d’ordre de la manifestation contre les violences sexuelles et sexistes.
  • Le 21 octobre : près de 150 militants défilent derrière une banderole « L’immigration tue ».

Cette manifestation non déclarée, ponctuée de propos xénophobes et racistes, faisait alors suite au meurtre de la jeune Lola. À la manœuvre, déjà, le groupe Les Remparts de Lyon. Dans la foulée, la justice a ouvert une enquête pour « provocation publique à la haine ». Les violences surviennent aussi en dehors des grands rassemblements.

  • Le 14 octobre : des membres du Collectif 69 Palestine sont pris pour cibles par une vingtaine d’individus armés et le visage masqué, comme l’a rapporté Rue89Lyon. Ils s’en sortent au prix de plusieurs dents cassées.
  • Le 22 septembre : un lycéen est frappé pour avoir osé détacher un autocollant d’extrême droite dans son quartier d’Ainay.

[…]

Tous groupuscules confondus, l’extrême droite radicale lyonnaise représenterait entre 300 et 400 individus, selon les observateurs de la mouvance. […]

De l’efficacité de la dissolution

Contactée par Mediacités, la préfecture du Rhône dit porter « la plus grande attention au groupe Les Remparts » et indique avoir réuni une dizaine de fois un groupe de travail avec le procureur de la République à ce sujet. Elle rappelle aussi que la dissolution de Génération identitaire de 2021 n’a pu avoir lieu qu’après « un long travail, précis et rigoureux » pour rassembler des éléments solides sur le plan juridique.

La question de l’efficacité d’une dissolution reste toutefois discutée. Ni celle du Bastion social ni celle de Génération identitaire n’ont empêché les multiples violences perpétrées ces trois dernières années.

[…]


Mathieu Périsse (Médiapart) et Nicolas Barriquand (Mediacités). Article lu dans Médiapart. Source (extraits)


Une réflexion sur “L’ultradroite « se lâche »…

  1. Pat 17/12/2022 / 11:57

    Le problème avec l’extrême droite c’est que toute action répressive contre leurs actions va dans le sens de ce qu’ils prônent… et l’inaction c’est pire !

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