À bafouer la justice, on s’expose…

Éric Dupond-Moretti en avait fait sa croisade…

… faire interdire de manière absolue les écoutes des conversation, entre les avocats et leurs clients. Et faire payer aux juges qui auraient eu l’outrecuidance d’autoriser – même à la marge – ce genre de preuves.

Alors, ce procès en appel de Nicolas Sarkozy, de son avocat et ami Thierry Herzog et du magistrat Gilbert Azibert. Qui se tient jusqu’au 16 décembre, pour « corruption » et « trafic d’influence », basé sur de telles écoutes téléphoniques, c’est un peu le symbole des échec en série de l’ancien ténor du barreau.

D’autant plus que, pour la première fois, les conversations enregistrées ont été diffusées pendant l’audience (puisqu’en première instance un problème technique l’avait empêché). Avec quelques petits passages savoureux, Thierry Herzog, au langage fleuri, s’en prenant aux « bâtards de juges de Bordeaux » ou un peu plus tard, Sarkozy affichant fièrement son entregent pour intercéder en faveur de Gilbert Azibert (« II veut travailler à Monaco ? Bon, ben, t’inquiète pas, dis-lui que je m’en occuperai, parce que je vais à Monaco et je verrai le prince… »).

Un sacré camouflet pour Eric Dupond-Moretti, qui, depuis qu’il a découvert que ses propres fadettes, avalent été épluchées par les juges, dans le cadre de la recherche d’une taupe au sein du parquet national financier (sans que ses conversations ne soient toutefois écoutées). n’a cessé de crier au scandale et de multiplier les procédures contre ces «méthodes de barbouzes ».

Une plainte au pénal d’abord, en juin 2020, pour « abus d’autorité », qu’il a dû retirer quand, il est devenu officiellement le ministre des juges qu’il poursuivait. Qu’à cela ne tienne, il a utilisé une autre arme, déclenchant, en tant que garde des Sceaux, une enquête administrative sur les juges qui avaient investigué sur lui. Alors même que sa prédécesseure Nicole Belloubet avait déjà saisi l’Inspection générale de la justice, qui avait conclu à la légalité de ces pratiques.

Depuis, les magistrats en question ont tous été officiellement blanchis.

Le seul qui risque une condamnation aujourd’hui, c’est Eric Dupond-Moretti.

L’arroseur arrosé. Le voilà poursuivi devant la Cour de justice de la République (la seule juridiction compétente pour juger des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions) pour « prise illégale d’intérêts », en clair, pour s’être servi de son poste de garde des Sceaux afin de régler des comptes personnels…

Débat espérer en 2023.

Petite précision importante pour les lecteurs en délicatesse avec la justice – et pour la démocratie: les écoutes des conversations entre avocat et client ne sont possibles que si l’avocat en question participe a la commission d’une infraction. Autant dire des cas extrêmement rares, suffisants néanmoins pour déclencher la fureur obsessionnelle de l’ex Acquitator-


Ava Roussel. Charlie hebdo. 14/12/2022


Une réflexion sur “À bafouer la justice, on s’expose…

  1. bernarddominik 16/12/2022 / 06:54

    Que justice soit faite. La corruption des élites de notre république montrée au grand jour.

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