Le cas Zemmour

Par bien des aspects, Éric Zemmour et son parti Reconquête se situent à l’ultradroite : voir sa doxa identitaire, ses positions sur le « grand remplacement », sur Vichy, l’islam, les musulmans, la France « créolisée », sa rhétorique de guerre civile (« mieux vaut se battre avec les mots que dans la rue »), etc.

Mais, dans le même temps, Zemmour semble avoir plus de points communs avec la droite dite « classique » (idéologique, sociologique, politique) qu’avec le mouvement de Le Pen, auquel il reproche de donner trop d’importance aux questions sociales au détriment de l’enjeu national, qui est pour lui absolument prioritaire.

Un accord de fait existe par exemple entre Zemmour et une partie de LR (Ciotti).
Le parti de Zemmour est soutenu plutôt par une bourgeoisie urbaine et cultivée (féru d’histoire tendance « pompier », Zemmour a l’art de mettre Bonaparte sur le pont d’Arcole dans la plupart de ses interviews), une bourgeoisie qui vote ordinairement pour LR. Lui-même se réclame « héritier du RPR » (le parti gaulliste de 1976 à 2002, avant son virage européo-centriste). Il a fait ses meilleurs scores dans les « beaux quartiers » et plaide avec insistance « pour une alliance avec une partie de la bourgeoisie pour défendre la France et conquérir le pouvoir ».

Cette droite nationaliste a été donnée un temps à 16% (on la voyait même dépasser Le Pen ; c’était juste avant le déclenchement de la guerre en Ukraine) ; elle exprime un courant important (contre la mondialisation et l’immigration) et probablement durable. Mais l’échec des législatives (notamment la candidature de Zemmour à Saint-Tropez) contrarie ses projets.

Le parti Reconquête, qui se serait structuré en quelques mois, entend se présenter à toutes les élections (les européennes de 2024 sont particulièrement ciblées) et constituer « une école de pensée, un lieu de formation ». L’idée d’un rassemblement de toutes les droites, que martèle Zemmour, est un thème encouragé par sa conseillère Sarah Knafo, elle-même issue de la droite souverainiste (tendance Henri Guaino).


PS : Les citations d’Eric Zemmour sont extraites d’un grand entretien donné au Figaro Magazine du 20 mai 2022.


Revue : « Cause commune » N° 30. Source


2 réflexions sur “Le cas Zemmour

  1. bernarddominik 13/12/2022 / 22:28

    Un nouvel épisode de Z comme Zemmour, le Zoro des beaux quartiers. Le programme social du RN est une esbrouffe, il en a l’apparence, MLP à mis en avant la retraite à 60 ans pour cacher le reste, mais comme elle ne met pas en face les financement elle aurait eu, si élue, beau jeu d’en changer les règles.

    • Libres jugements 14/12/2022 / 10:23

      L’homme n’est-il pas là pour établir les volontés sociales et sociétales de son mentor Bolloré. Des volontés cultuelles intégristes, des mœurs interdisant-contraignant, l’établissement-rétablissement du règne seigneurial, quelques vassaux et la piétailles…

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