J. O. de Paris

Le gros gagnant de la vitrine, c’est la Chine…

Le 12 décembre 2022 se tiendra le conseil d’administration des J.O. de Paris 2024.

Son patron, Tony Estanguet, s’y félicitera que 1,2 million de personnes se soient d’ores et déjà inscrites sur les différentes plateformes numériques des Jeux olympiques.

Ces salariés, bénévoles et autres fans ou futurs spectateurs ignorent cependant que leur identité (nom, prénom, adresse, téléphone ou encore données bancaires) est actuellement stockée en Chine, sur les serveurs d’Alibaba, géant du commerce en ligne et l’un des principaux sponsors des JO. Du calme, le pays de Xi Jinping n’est pas une dictature !

Cet été, déjà, la Cour des comptes, après consultation de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), faisait remarquer que le fichier des accrédités traiterait « un important volume de données personnelles et de données étatiques. Ces données présentent un caractère particulièrement sensible incompatible avec un hébergement par Alibaba » (« Le Canard », 20/7).

Les magistrats avertissaient d’un risque de fuites vers Pékin « à des fins stratégiques ou d’espionnage économique ». Ils recommandaient donc de fermer le robinet numérique « dans les délais les plus rapides ». Amis du Cojo, à vos marques, prêts ? coupez !

Alibaba en plein sprint

Six mois plus tard, le Comité d’organisation des JO (Cojo) a certes décidé de confier la gestion des données sensibles des Jeux à « un tiers de confiance », la société française Atos, spécialisée dans les services du numérique. Mais, pour des raisons techniques, le rapatriement des données déjà emmagasinées par Ali-baba ne pourra pas intervenir « avant janvier pour les membres du club Paris 2024» ou « avant mars pour les volontaires », précise-t-on au Cojo. Bien loin d’un sprint !

Interrogé par « Le Canard », un haut fonctionnaire expert en sécurité informatique précise : « Il faut régler cette situation au plus vite. Début novembre 2023 débutera la période des accréditations. Pour participer aux Jeux, policiers, gendarmes, préfets, élus et autres journalistes seront dans l’obligation de confier leur identité au Cojo. Pas question qu’une puissance étrangère y ait accès. »


Article signé des initiales D. H. Le Canard enchaîné. 07/12/2022


2 réflexions sur “J. O. de Paris

  1. bernarddominik 12/12/2022 / 11:19

    Je suis sidéré par l’imprudence des organisateurs des JO. C’est de mauvais augure.

    • Libres jugements 12/12/2022 / 11:35

      Ce qui est sous-tendu est la compromission, telles les histoires révélées autour de l’attribution et les constructions pour la coupe du monde au Qatar, attendons-nous a quelques surprises judiciaires… hélas… mais le fric, fric, fr… que ne fait-il pas faire !
      Amitiés
      Michel

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