Le gain d’abord…

… les récidivistes du labo Servier.

A quelques semaines de l’ouverture en appel du procès du Médiator, son fabricant, le laboratoire Servier, vient de se faire taper sur les doigts par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour avoir dérapé avec un autre médoc maison, le Vastarel. En cause : une réclame un brin tapageuse faite par le labo, lors d’un congrès de cardiologie qui s’est tenu en août à Barcelone, pour ce produit destiné à soigner l’angine de poitrine.

Servier y avait poussé un peu loin le bouchon en vantant ainsi les mérites du médicament : « Plus tôt le traitement est commencé, mieux est gérée l’angine de poitrine. » L’ANSM n’a pas apprécié : « Nous désapprouvons totalement ce type de document promotionnel (…), qui pourrait induire (…) de manière manifeste en erreur les prescripteurs présents à ce congrès sur les indications (du Vastarel) », a écrit, le 10 novembre 2022, le gendarme du médicament au président de Servier.

« Une telle promotion n’est absolument pas conforme à l’indication validée (…) et est particulièrement contraire à la réglementation », conclut l’Agence, très fâchée.

De fait, si le Vastarel (commercialisé depuis les années 60) est censé soigner les angines de poitrine, il ne peut être prescrit qu’en seconde intention et, qui plus est, toujours en complément d’un autre traitement.

D’ailleurs, le Vastarel n’est plus remboursé en France depuis 2011, quand la Haute Autorité de santé a estimé son efficacité « mal établie » et dénoncé des « effets indésirables graves ».

Quant à la pilule pour endormir les juges, Servier est toujours à sa recherche…


Une réflexion sur “Le gain d’abord…

  1. bernarddominik 11/12/2022 / 08:18

    Honteux. Mais Servier serait il aux abois pour en être là?

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