Des visages se tiennent aux fleurs

Souvent, les vergers reviennent après de longues absences. Des visages se tiennent aux fleurs. Lors même que l’herbe monte aux yeux. Sur la route, des passagers aux mains blanches pareilles, feuillettent d’anciennes caresses. Miel.

Il écrit, le visage barbouillé de genêt. Enfoncé dedans le jaune. Un peu plus loin, le lilas de Bénézet l’attend. L’adolescence lève le cou chaque printemps tend sa gorge pour voir celle qui vient. Il porte un nom sur la langue de l’autre, ne craint pas de le perdre pour toujours. Miel.

Elle passera ce soir sous le regard pesant des vieilles roses. Les pieds petits aux ongles vernis de rouge sur le seuil. C’est pour toi car je vais mourir! Dans le ciel orangé qui teinte sa poitrine, un acacia bourdonne. Miel.


Joël Bastard


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