M’en fout, j’fonce

Le climat social gronde, mais l’exécutif mise sur une « résignation » de la rue.

Emmanuel Macron aurait tranché : sa réforme des retraites décalera l’âge légal de départ à 65 ans. C’est ce qu’il a laissé entendre, mercredi (07 dec. 2022), lors d’un dîner à l’Élysée en présence des chefs à plumes de son camp.


Artifice utilisé, détournant l’hémicycle de la possibilité de vote.

La soirée a aussi permis de préciser le calendrier de la réforme, qui devrait se faire via un amendement au budget de la Sécurité sociale. Un détail qui n’en est pas un, puisqu’il permet à l’exécutif d’utiliser sans limites l’article 49-3 de la Constitution, donc de se passer d’un vote au Parlement.

En mêlant retraite à 65 ans et réforme via 49-3, le président de la République choisit les deux options les plus impopulaires qui se présentent à lui.

« Le président a dit qu’il ferait des réformes, il les fait, défend François Patriat, patron des sénateurs macronistes. Il a déjà fait passer la réforme du travail, le paquet pouvoir d’achat, le budget et bientôt l’immigration et les retraites. C’est sa volonté, d’attaquer tout en même temps. Si on commence à reculer, on ne fera plus rien ».

Une stratégie du bulldozer audacieuse, au regard de l’amas de défis qui se présentent simultanément au pouvoir.

  • La fin du bouclier énergie sous sa forme actuelle va faire grimper les factures, de gaz dès janvier et d’électricité dès février.
  • La fin des subventions sur l’essence va avoir le même effet sur les prix à la pompe, alors qu’une pénurie de diesel menace l’Europe.
  • Les prix des produits alimentaires augmentent (12 % en un an), comme les autres (6,2 % d’inflation au global)
  • les millions d’usagers des transports franciliens et TER devront quant à eux payer plus cher leurs trajets quotidiens.
  • Et le spectre de coupures d’électricité plane sur le pays. 

L’exécutif pense le pays capable d’affronter tout cela, sur fond de détérioration massive des services publics, avec la retraite à 65 ans comme une cerise acide sur un gâteau à l’arsenic.


Ilyes Ramdani. Médiapart. Source (extraits)


2 réflexions sur “M’en fout, j’fonce

  1. Pat 10/12/2022 / 11:23

    La guerre en Ukraine finalement lui est très arrangeante…pour qu’il puisse surfer sur la vague du « Il y a plus malheureux que vous ! ». Le problème c’est que nous sommes probablement loin de toucher le fond et qu’à, un certain moment, il ne pourra plus faire flotter le radeau à coups de mini-primes.

  2. Blin 10/12/2022 / 21:02

    Monsieur M aime surfer en saisissant toutes les opportunités sans états d’âmes. Cette méthode lui a assez réussi. Mais la France se meurt et s’appauvrit économiquement et s’affaiblit mentalement.

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