Balaie d’abord devant ta porte…

Dans la série j’dis ça, ça jette le trouble le temps de vérifier et permet au gouvernement de faire oublier quelques instants, d’autres problèmes plus douloureux pour tous…

[Monsieur le roquet officiel du locataire Élyséen, ministre des comptes publics, Gabriel Attal, monsieur premier d’la classe rayant le parquet, estime] que la gestion de la maire de Paris Anne Hidalgo, s’apparenterait à un système de « Ponzi », du nom de ce célèbre financier qui a escroqué des dizaines de milliers d’épargnants américains au début des années 1920.

Une vision caricaturale, qui plus est venant d’un gouvernement qui creuse le déficit de l’État à coups de baisses d’impôts, ne « manque pas d’air », utilisant de vielles recettes attaquantes sans justifications !

Face à pareille comparaison, la réaction de la Ville de Paris a été rapide : dénonçant des « mensonges » et des « propos outrageants », elle a annoncé porter plainte contre le ministre pour diffamation.

Que reproche concrètement Gabriel Attal à Anne Hidalgo ? […]

C’est là la tambouille budgétaire des services financiers de la mairie de Paris : fin 2015, ils ont demandé et obtenu de Bercy une dérogation permettant de comptabiliser les loyers capitalisés comme des recettes de fonctionnement à leur budget. Dérogation que la capitale a obtenue chaque année durant sept exercices consécutifs, jusqu’à 2022. 

L’intérêt de cette manœuvre ? Respecter la règle d’or qui s’applique à toutes les collectivités locales, et qui leur demande que le solde de leurs recettes et de leurs dépenses de fonctionnement soit chaque année à l’équilibre ou en excédent.

Grâce aux loyers capitalisés, Anne Hidalgo a ainsi pu inscrire pour 1,6 milliard d’euros de recettes cumulées en sept ans dans les comptes de fonctionnement de la ville. De quoi boucler ses budgets et dégager des marges de manœuvre pour financer ses investissements dans le verdissement de la ville et les logements sociaux. Le tout sans augmenter les impôts, comme elle s’y était engagée.

Mais pour 2023, les services de Bercy ont fait savoir à la mairie de Paris que la dérogation sur les loyers capitalisés ne lui serait pas renouvelée si la ville en faisait la demande.

Avec ce levier en moins, la capitale s’est donc retrouvée contrainte d’annoncer une augmentation de la taxe foncière pour boucher les trous dans ses finances. Rien de choquant, car les propriétaires parisiens sont de fait assis sur un tas d’or vu le niveau des prix de l’immobilier dans la capitale, et ils avaient jusqu’ici été épargnés par la politique fiscale de la maire.

[…]

Soyons clairs : si la manœuvre de Bercy consistant à mettre fin à la dérogation de la mairie de Paris sur les loyers capitalisés n’a rien de scandaleux en soi, en revanche qualifier, comme l’a fait Gabriel Attal, cette pratique de système de « Ponzi » confine à la caricature.

Il est du reste cocasse de voir le ministre des comptes publics dénoncer un hypothétique système de Ponzi à la mairie de Paris [alors que c’est l’État, qui creuse des déficits à coups de baisses d’impôts : l’exécutif se vante en effet d’avoir réduit la charge fiscale de 50 milliards d’euros lors du précédent quinquennat – principalement au bénéfice des grandes entreprises et des plus aisés – et compte poursuivre sur la même voie en ajoutant pour 15 milliards de baisses supplémentaires lors des cinq prochaines années. Asséchant d’autant les caisses de l’État [et collectivités locales].

[Il faut noter] la note salée des aides publiques aux entreprises qui s’élève, selon une étude récente, à au minimum à 157 milliards d’euros par an. Un montant équivalent au déficit public composé pour les trois quarts de dépenses fiscales et socio-fiscales. 


D’après un article de Mathias Thépot. Médiapart. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Balaie d’abord devant ta porte…

  1. bernarddominik 04/12/2022 / 09:03

    Des aides aux entreprises qui sont souvent un sur bénéfice ainsi les assureurs ont reçu des aides pour faire face au covid alors que leurs bénéfices avaient augmenté.

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