Spectaculaire revirement

… « Oui », j’l’autorise après le « non », pas d’ça chez moi !

Le jeu « Antifa » de retour à la Fnac : l’éditeur du jeu raconte un « terrifiant bad buzz » et peut se frotter les mains devant cette publicité imprévue.


Le revirement est spectaculaire : alors que, dimanche [27/11/2022], la Fnac avait précipitamment retiré de la vente Antifa, le jeu militant antifasciste, elle continuera finalement de le commercialiser.

Pendant le week-end, des tweets du député du Rassemblement national Grégoire de Fournas (récemment sanctionné pour des propos racistes à l’Assemblée nationale), puis du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), l’avaient interpellée sur le caractère prétendument « haineux » d’Antifa.

[…]

Quelle a été votre réaction ?

C’est pour nous une victoire. Sans triomphalisme, mais tout de même : Grégoire de Fournas et le RN n’auront pas eu le dernier mot dans cette histoire hallucinante. […]. Alors qu’il y a quelques jours encore La FNAC recommandait Antifa sur son site Internet, le présentant comme un vrai jeu politique, elle a soudain perdu la boussole, […] en portant allégeance à la droite la plus réactionnaire. […]

En quoi ce jeu a-t-il pu prêter le flanc aux attaques de ces députés RN et du SCPN ?

Il s’agit d’un jeu somme toute ordinaire, même s’il est idéologique, et forcément militant […]. Antifa est né d’une expérience de plus de vingt ans de luttes antifascistes, avec toutes les situations qui peuvent s’y présenter, déclinées en autant de situations de jeu […]

En aucun cas il ne s’agit de « tabasser un militant de droite » ou de « lancer un cocktail Molotov sur les CRS », comme l’a écrit Grégoire de Fournas dans son tweet : une fake news caractérisée. Qu’il a d’ailleurs admise, reconnaissant qu’il n’avait jamais ouvert le jeu et prétendant que les gens n’avaient pas compris qu’il n’en faisait qu’une caricature, que son tweet se voulait « ironique » !

Le problème est que ni le SCPN, monté ensuite au créneau, ni la Fnac elle-même, qui leur a emboîté le pas en prenant finalement une décision aussi arbitraire, n’ont eux non plus pris la peine de vérifier si ces accusations correspondaient à la réalité.

Tout comme Cyril Hanouna, lundi soir, dans TPMP, qui a fait voter son public, lui demandant s’il fallait ou non censurer Antifa : 77 % des gens se sont prononcés pour son interdiction, alors qu’ils ne l’avaient jamais ouvert, pas plus que lui ! Ignoble. Mais surtout, hallucinant. Ces assertions, à la fois définitives et fondées sur un vide sidéral, c’est cela qui est le plus terrifiant.

[…]


Lorraine Rossignol. Télérama. Source (Extraits)


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