Le gouvernement broie du noir

… certainement pas autant que les milliers de pauvres Fançais obligés à quemander

Elisabeth Borne a tout fait pour couper l’appétit à ses convives au petit déjeuner de la majorité, le 15 novembre. « La rentrée de janvier sera compliquée, les a-t-elle avertis. On va avoir la réforme des retraites et de possibles coupures d’électricité. »

Autrement dit, deux dangers cumulés : un hiver chaud dans la rue et froid dans les logements. De quoi attraper un bon rhume !

Sur les retraites, la grogne qui s’annonce semble ineviable. Mais ce sont surtout les risques de coupure de courant qui, depuis quelques jours, paniquent le gouvernement. Surtout si l’hiver devait être rigoureux.

Attention ! a ajouté aussitôt la Première ministre : « Il ne faut pas créer d’angoisse chez les gens. » Ouf !

Aussi le gouvernement travaille-t-il depuis quelques jours à définir les secteurs prioritaires, ceux qui devront échapper aux coupures ou aux délestages : les hôpitaux, bien sûr, mais aussi les prisons, ainsi que les transports et les télécommunications, deux domaines dont la paralysie pourrait désorganiser tout le pays et entraîner de belles secousses.

Ainsi de la SNCF, où une coupure de courant sur une seule ligne peut affecter toute une région. Gare aux pannes de TER !

Autre problème : les lignes d’électricité qui alimentent les passages à niveau ne sont pas les mêmes que pour les caténaires.

Que l’un des deux réseaux se trouve en rupture, et c’est tout le trafic qui s’arrête ! Pagaille garantie.

Chez les opérateurs de télephonie, si un central est victime d’une panne d’électricité, il met ensuite huit heures à redémarrer, comme l’a déjà raconté « Le Canard ».

Orange, Free et les autres sont invités à plancher dare-dare sur le sujet.

Quant aux prisons, il est déjà établi qu’elles « ne feront pas l’objet de délestages électriques tournants », tout comme « la plupart des grosses juridictions ». Les prévenus ne seront pas jugés à la lueur des bougies. La Chancellerie devrait établir dans les prochains jours la liste des tribunaux qui ne sont pas prioritaires.

Certains entrent d’ores et déjà dans les détails. Ainsi, à Tours, le tribunal a diffusé des conseils de sobriété énergétique : « Interdiction de chauffage d’appoint, bouilloire ou lampe halogène. Distribution d’eau chaude dans les sanitaires suspendue, sauf dans la salle de convivialité. »

Un autre dossier vire au casse-tête : recenser tous les malades médicalisés à domicile pour épargner des coupures de courant à leur immeuble ou à leur quartier.

Si vous voulez échapper au « blackout », vous savez ce qu’il vous reste à faire : adoptez un malade près de chez vous, au moins vous ferez une bonne action…


Article non signé lu dans le Canard enchaîné de 23/11/2022


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