À chacun ses secrets

Le rapport annuel sur les droits, alerte notamment sur la diffusion des photos d’enfants sur le net.

Les enfants ont droit à une vie privée.

Cette notion essentielle, bien que difficile à définir, voire à concevoir pour les adultes, et l’objet du rapport annuel de la défenseure des droits Claire Hedon, et du défenseur des enfants, Éric Delamare publié le 17 novembre 2022.

Trop souvent, les mineurs subissent des atteintes à leur intimité, sous diverses formes, et le respect de leur espace personnel connaît parfois trop d’intrusions et de contrôle.

Bien sûr, la protection des enfants est un devoir parental, mais il ne saurait prévaloir face au respect de la pudeur et d’un espace à soi. Or l’absence de vie privée peut être une source de violence. Les enfants en situation de grande précarité de logement (hébergés dans des hôtels sociaux ou des foyers) sont les premiers concernés par ces atteintes.

Malmenés dans des espaces collectifs, ils n’ont plus la possibilité d’intimité et donc de dignité. En matière de santé, leur consentement est trop souvent bafoué, comme leur droit au secret des soins. L’absence de vie privée est encore particulièrement signifiante dans les sanitaires des établissements scolaires.

De la maternelle au lycée, ce sont « des zones de non-droit» : manque d’hygiène, de verrou, voire de papier toilette, portes ajourées… Leur rénovation doit être une priorité.

Enfin, le rapport met en lumière l’urgente nécessité d’inscrire dans la loi une éducation au numérique. Les enfants, comme leurs parents, ne sont pas suffisamment au fait des enjeux derrière le partage d’image et d’information sur Internet et les réseaux sociaux.

Trop de photos d’enfants sont publiées sans leur consentement. Respecter leur vie privée, c’est reconnaître leur intégrité et les considérer dignement


Julia Vergely – Télérama N°3802 – 23/11/2022


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