Jardins à l’arc-en-ciel

Le jardin va entrer dans mes viscères
Avec des arbres figurés, des choux, des fruits, des fleurs
Ainsi mon corps, avec ses trous, est un paradis clos
Parmi la foule des paradis de l’origine
Éclairée symboliquement par le livre ouvert de la nuit
Qui sera au moment fixé évangile ou bible ou coran

L’Arche de nul Noé au crépuscule se brise
Elle recevra, comme musique fissurée, tous les poissons vivants
Vivants et déployés en arc-en-ciel
Or moi je ne suis que l’humain, mon humanité m’allège,
Arc-en-ciel traversant l’immensité

La vastitude cosmique est-elle l’éternité, son oeil ample
Ouvert sur l’œil de Jean rayonnant du dard des flèches ?
Quel or et quel sang ont fixé ardemment le soleil dans l’azur ?
L’Al-Hallâj à Bagdad, tranchés ses mains et ses pieds, sera crucifié sur le feu, feu buveur d’un second vin de feu.
Hallâj est fou et son Maître est folie même

Les bêtes, à travers les clôtures, regardent
Elles seront sauvées par l’énigme de leur chaîne
La charte indéchiffrée de leur savoir obscur.

Viendra le jour où mon jardin si tendre à mes yeux de poète,
Refermera sur moi ses géantes violettes


Salah Stétié – Recueil : « Le mendiant au moment de neige ».


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