Laïcité : Une circulaire du ministre…

Pour « répondre » à la hausse des atteintes à la laïcité à l’école et répondre « aux inquiétudes légitimes » des enseignants.

[…] À la mi-septembre, dans une lettre adressée aux recteurs, le ministre Pap Ndiaye encourageait les chefs d’établissement à davantage faire remonter l’ensemble des atteintes à la laïcité. Lesquelles, selon les derniers recensements, se produisent essentiellement dans

  • Lycées (51 %)
  • Collèges (36 %),
  • Concernent le port de signes et tenues (40 %),
  • Provocations verbales (14 %)
  • Contestations d’enseignements (12 %).

Des chiffres en forte augmentation (720 signalements en octobre contre 313 un mois plus tôt) […] « qu’il faut […] comparer au nombre d’élèves du second degré, près de six millions ».

Reste que Pap Ndiaye demande également aux « personnels de direction » de déterminer eux-mêmes « si le signe ou la tenue que porte l’élève démontre son choix de manifester une appartenance religieuse ». Ceci en fonction de plusieurs éléments d’appréciation, parmi lesquels « la permanence du port du signe ou de la tenue et la persistance du refus de l’ôter, quelles que soient les circonstances ».

Ainsi, un bandana n’est pas un signe religieux en lui-même, mais il peut le devenir. Or cette responsabilité nouvelle confiée aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement laisse largement perplexe, comme l’explique le SNPDEN-Unsa dans un courrier adressé au ministre le 19 octobre 2022. « Nous réclamons expressément un texte clair et sans ambiguïté qui réglemente le port de ces tenues dans les établissements scolaires ».

La circulaire…

Elle insiste sur la nécessité d’instaurer un dialogue avec les élèves concernés et leurs représentants légaux lorsqu’ils sont mineurs. « Ce seul dialogue peut à lui seul, dans de nombreux cas, permettre de dissiper toute tension ou incompréhension, et ainsi de débloquer des situations ».

Mais si celui-ci échoue, elle encourage la sanction, « systématique et de façon graduée ». Elle renforce la protection du personnel mis en cause ou menacé, promettant « un soutien sans faille et immédiat », ainsi que « des mesures conservatoires et la protection fonctionnelle ». Et promet la mobilisation des équipes académiques Valeurs de la République en soutien des chefs d’établissement, complétée si besoin par les services juridiques des rectorats. Enfin, elle se propose de renforcer la formation des personnels et en premier lieu celle des chefs d’établissement.

[…]


Marc Belpois. Télérama. Source (Extraits)


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