Le temps de la dispersion

je vis un amour douteux à la réalité ambiguë
la chaleur de ta main, le parfum de ta peau n’existent pas, je le sais,
nos regards n’arrivent plus à se croiser aux mêmes tons
nos mots ne sont plus synonymes, on ne se comprend plus

nos regards se brisent en l’air et se dispersent
le ton de nos voix est toujours proche de la colère
les phrases s’éparpillent lorsqu’elles nous excusent
nous ne voulons pas admettre le départ du printemps

nous nous taisons depuis longtemps alors qu’il faut agir
nous tentons des sourires de scouts, prêts à mentir
notre relation attend d’être réécrite comme de mauvais poèmes
les détails que nous refusons de voir nous fatiguent et nous bousculent

on ne s’habitue pas au bruit en soi:
les décisions que tu es fatiguée de garder en mémoire
la solitude que tu essaies de repousser
viennent et se pressent à ta porte

nous n’arrivons pas à avoir le courage
de tolérer la vie telle qu’elle est.


Metin Celal (Turquie) Recueil : « L’intranquillité du quotidien », 2013.


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