Une vacherie pour la planète

Taxer les pets et rots des vaches.

La Première ministre néo-zélandaise veut, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, fiscaliser le méthane émis par les 6,2 millions de bovins du pays. Depuis qu’on a découvert que les vaches réchauffaient la planète avec leurs rots et pets, c’est haro sur les bêtes à cornes.

L’an dernier, le géant américain de l’agroalimentaire Cargill n’a-t-il pas proposé d’équiper les pauvres bêtes d’un masque récupérateur de méthane (« Conflit », 30/6/21) ?

Dessin d’Adelina – Le Canard Enchainé. 02/11/2022

La vacherie fiscale néo-zélandaise file les chocottes à la filière laitière tricolore : manquerait plus que nos écolos s’en emparent ! Il faut dire que les ruminants français génèrent a eux seuls 10 % des gaz a effet de serre du pays. La moitié est constituée du fameux méthane rejeté par les vaches, dont le pouvoir réchauffant est vingt-huit fois supérieur à celui du CO₂.

Une laitière française émet chaque année l’équivalent de 2 800 kilos de CO₂ soit peu ou prou ce que crache une voiture en 20 000 km.

Sur le papier, le bonheur est dans le pré : comme notre troupeau laitier diminue — comptez 3,5 millions de vaches, soit presque 1 million de moins qu’il y a vingt ans —, il devrait générer de moins en moins de méthane.

Cependant, chaque année, la quantité de lait produite par bestiole augmente de 100 litres, en moyenne. Ce qui donne des usines sur pattes qui carburent jusqu’à 11 000 litres par an. Or, plus une vache fabrique de lait, plus elle relargue de méthane…

Le bon sens paysan serait donc d’arrêter de produire toujours plus de lait par tête de vache. Hors de question pour la filière laitière, qui veut préserver son veau d’or. Alors, comme il faut bien donner des gages écolos pour éviter de se prendre une taxe sur le museau, elle se focalise sur l’empreinte carbone.

L’astuce consiste à réduire la quantité de CO₂ par kilo de lait plutôt que de diminuer la quantité de lait produite par vache.

L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l’Institut de l’élevage (Idele) planchent sur plusieurs solutions.

Par exemple : ajouter à la gamelle de la poudre d’algues ou des inhibiteurs d’enzymes pour freiner la fabrication de méthane dans le rumen. Ou avancer l’âge du premier vêlage pour que la vache produise du lait plus tôt. Rien ne change sur la quantité de méthane libérée durant toute sa vie, mais, comme l’animal donne du lait six mois plus tôt, la quantité de méthane par kilo de lait calculée jusqu’à sa mort, elle, diminue. Pas sûr que ça fasse un effet boeuf…


Article non signé. Le Canard Enchaîné. 02/11/2022


Une réflexion sur “Une vacherie pour la planète

  1. bernarddominik 08/11/2022 / 12:07

    Le CO₂ c’est pas grand-chose, mais le méthane, c’est un vrai gaz à effet de serre, mais également un carburant.
    Mettre un récupérateur au cul des vaches est peut-être la solution.

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