En même temps la pauvreté s’amplifie…

… et l’inflation accroit les bénéfices des financiers-banquiers

Dans le sillage des banques européennes, la BNP Paribas a affiché des résultats exceptionnels au troisième trimestre. En hausse de 10,3 %, par rapport à l’an dernier, les bénéfices ont atteint 12,76 milliards d’euros. Ainsi, depuis janvier, le premier groupe bancaire a engrangé plus de 8 milliards d’euros de profits (+12 % par rapport à 2021).

[…] Société générale a également annoncé, ce vendredi [04/11/2022], un résultat net en hausse de 1,4 % à 1,41 milliard d’euros au titre du troisième trimestre 2022.

D’autres superprofits devraient suivre. BPCE et Crédit Agricole doivent annoncer leur résultat trimestriel la semaine prochaine.

Les banques imposent leurs conditions

Si les banques se gavent alors que tous les indicateurs sont dans le rouge, elles le doivent aux banques centrales. Et à leurs politiques monétaires de lutte contre l’inflation qui consistent à remonter leurs taux, dans l’espoir d’endiguer la hausse des prix, en faisant augmenter le chômage pour empêcher une hausse des salaires.

[…] D’autant que « le secteur bancaire français peu concurrentiel peut imposer ses conditions, notamment en fixant un taux de rémunération du crédit plus important que le taux de refinancement auprès de la BCE, analyse Dominique Plihon. Les banques s’assurent ainsi de pouvoir bénéficier de marges proportionnellement plus importantes », explique ce membre du collectif des économistes atterrés.

[…]

Augmentations de salaires inférieures à l’inflation

Jusqu’ici la politique monétaire ne semble avoir aucun effet sur l’objectif affiché. «  Le raisonnement n’est pas adapté à la conjoncture actuelle », estime ce spécialiste de la politique monétaire. Il serait même totalement «  dépassé », affirme Dominique Plihon, membre d’Attac. « L’inflation est due à des phénomènes exogènes que sont la guerre en Ukraine, et la flambée des matières premières, ou encore à la dépréciation de l’euro et non à la hausse des salaires ».

D’ailleurs, pointe l’économiste, les augmentations salariales obtenues par la lutte sont toujours inférieures au niveau de l’inflation. « Beaucoup d’entreprises n’ont pas perdu en pouvoir d’achat, leurs marges qui sont restées en moyenne à un niveau élevé, n’ont pas été rognées par l’inflation. » […]

Le risque de provoquer une crise financière

[…]  La parenthèse enchantée du secteur bancaire, sous fond de guerre, de pénuries, de hausse de prix, pourrait cependant s’interrompre. « Rapidement, dès ce quatrième trimestre, le risque de récession oblige sûrement les banques à tasser leurs marges ».

En attendant, les banques se gavent.


Clotilde Mathieu. Source (Extraits)


2 réflexions sur “En même temps la pauvreté s’amplifie…

  1. bernarddominik 08/11/2022 / 08:57

    Donc Dominique Plibon croit que les banques pourraient travailler à perte en prêtant à un taux inférieur à celui de leur refinancement !
    Un étrange économiste. Mais ce n’est pas sur les prêts que les banques font l’essentiel de leurs bénéfices mais sur d’une part ceux qui leur confient des placements et d’autre part sur le financement des gros investissements, achats ventes d’actions, financement de mines hydrocarbures gros équipements. Les gains de BNPP en France ne sont pas faramineux. Ce font surtout les opérations trans frontières qui rapportent.
    D Pibon ferait mieux d’examiner le compte d’exploitation des banques au lieu d’affirmer des âneries. Là où il y a un vrai scandale c’est quand la BCE rémunère les comptes des banquiers à un taux supérieur à celui auquel elle leurs prête, les banquiers ont des comptes rémunérés à la BCE, et c’est ce qu’Attac devrait dénoncer, pour les prêts immobiliers ou à la consommation. il devrait examiner les marges réelles le coût du risque et le coût de gestion avant de parler, car quand un emprunteur fait faux bond c’est le capital qui est perdu bien plus élevé que le manque à gagner.

  2. bernarddominik 08/11/2022 / 09:01

    Dans le domaine de la finance les « économistes atterrés », qui ont participé au programme de la FI, ont visiblement oublié que l’économie repose sur la comptabilité. Ce sont les mêmes chez Attac

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