Attention à la porte !

Le 15 octobre 2022, la région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse, a décidé de fermer Défi métiers, son organisme de formation professionnelle. Ah, bon mais pourquoi donc ???

Le 24 décembre (joyeux Noël !), 42 salariés de ce groupement d’intérêt public, subventionné à parité par l’Etat et la collectivité locale (1,7 million d’euros chacun), se retrouveront au chômage. Parmi eux : une ex-vice-présidente de région, soupçonnée d’avoir bénéficié d’un emploi de complaisance…

Dans un courriel daté du 11 octobre, dont « Le Canard » a copie, le directeur de Défi métiers alerte les administrateurs sur la « situation » d’une cadre qui, « depuis près de quatre mois, n’a clairement plus aucune activité en lien direct ou indirect » avec le groupement d’intérêt public.

Bernard Barbier précise que la salariée a été « embauchée pour une fonction de directrice déléguée (…) positionnée directement et exclusivement sous la hiérarchie de la présidente » de Défi métiers, en l’occurrence Stéphanie Von Euw, élue régionale (LR) et proche de Valérie Pécresse.

Le rapportquel rapport ?

La cadre en question, Anne Père-Brillault, a été, de décembre 2015 à juillet 2021, vice-présidente (LR) de la région chargée de l’emploi et de la formation professionnelle. Non ré­élue, elle a été embauchée en janvier 2022, et pour un an, par Défi métiers en tant que directrice déléguée. C’est beau, la solidarité de parti !

Salariée à 62 352 euros brut annuels, Père-Brillault devait pondre un rapport sur la future agence censée succéder à Défi métiers.

Le 12 septembre dernier, lors d’un comité social et économique, les représentants du personnel réclament que leur soit communiqué le précieux document. La direction réplique qu’il est à « destination unique » de la présidente de Défi métiers et de la présidente de la région. « Le Canard » s’en est procuré un exemplaire : 12 pages de banalités sur la formation professionnelle et l’apprentissage…

Bernard Barbier a précisé au « Canard » avoir « pris connaissance » de ces 12 pages et préparé’« un dossier » pour les administrateurs sur la situation salariale d’Anne Père Brillault. Stéphanie Von Euw, elle, s’en est remise à Valérie Pécresse. Laquelle nous indique que toute cette histoire est nulle et non avenue, et qu’elle relève d’« une vengeance » et d’« un règlement de comptes ».


Article signé des initiales D. H. Le Canard Enchaîné. 02/11/2022


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