Cariatide

Était-ce une cariatide ou le feignait-elle?
Nous ne le savons pas, mais elle a tout laissé
filer, laissé crouler avec ou sans fracas.
Elles tombaient d’abord, fluaient ensuite, on pourrait dire
que les choses s’évaporaient d’elle.
Nous ne saurons jamais si elle soutenait avec ses bras
ou sa tête, si les épaules, haussées,
se dissolvaient au point d’ébriété
d’un horizon de haute montagne,
ou si une insupportable aventure de l’âme
la poussait à perdre son regard
dans les méandres terrestres.
Ou si elle devinait à distance,
et si quand il s’approchait de son visage
une paupière de statue paralysait le voyeur,
et nous redoutions, alors, que ce monde
nous fût étranger pour toujours.
Était-ce une cariatide ou le feignait-elle?
Mais qui a tout laissé glisser, tout laissé filer
jusqu’à abandonner son assise
jusqu’à s’éloigner d’elle…


Noni Benegas. Recueil : Animaux sacrés et autres poèmes. (2013)


Cariatide

Era una cariatide o lo fingfa?
No lo sabemos, pero que todo dejo
que se deslizara, que fuera cayendo con o sin estruendo.
Cafan primero, flufan luego, dirfamos
que evaporaban las cosas de ella.
Nunca sabremos si sostenfa con los brazos
con la cabeza, si los hombros, erguidos,
se disolvfan en el punto de embriaguez
de un horizonte de alta montafia,
una insoportable aventura del alma
la empujaba a perder la mirada
en los meandros terrestres.
O si adivinaba a la distancia,
y al acercarse a su rostro
un pàrpado de estatua paralizaba al voyeur,
y temfamos, entonces, que ese mundo

nos fuera ajeno para siempre.
iEra una cariatide o lo fingfa?
Pero que todo dey, que resbalara, que fuera deslizàndose
hasta abandonar su planta
hasta alejarse de ella.


Laisser un commentaire