Du gaz azéri qui sent la poudre

Ah l’embargo envers la Russie… parlons-en !

En choisissant de multiplier par deux les importations de gaz depuis l’Azerbaïdjan (l’accord, signé le 22 juillet dernier à Bakou entre Ursula von der Leyen et l’autocrate Ilham Aliyev, prévoit de passer à 20 milliards de mètres cubes, contre 10 actuellement), l’Europe a dû se pincer un peu le nez…

Car le champ gazier Shah Deniz, qualifié de « super-géant » par les experts en hydrocarbures et qui abreuve le continent européen, compte (en sus de son premier actionnaire, le britannique BP) une épatante galerie d’amis de la paix et de la démocratie…

La Socar, société pétrolière et gazière de l’Etat azéri, possède 21,02 % du champ : de quoi financer les menées guerrières d’Aliyev contre l’Arménie voisine.

Le troisième actionnaire, à hauteur de 19,99 %, n’est autre que le russe Lukoil. De sorte que les fonds européens nourrissent généreusement un pétrolier moscovite à capitaux privés, pour s’émanciper… du méthane russe. Une stratégie un rien gazeuse ?

Les autres actionnaires de ce site énergétique très convoité ? La compagnie nationale pétrolière et gazière de Turquie (19 %) et une filiale de son équivalent… iranien !

Conclusion : indirectement, l’UE finance deux guerres (contre l’Arménie et contre l’Ukraine) et quatre régimes qui n’hésitent jamais à réprimer leurs populations.

À première vue, le gaz azéri n’a vraiment rien d’hilarant !


Article signé des initiales J. C. Le canard enchainé. 02/11/2022


Une réflexion sur “Du gaz azéri qui sent la poudre

  1. bernarddominik 06/11/2022 / 17:42

    Allez à été très intelligent il a partagé le gâteau avec tout ce qui compte dans le Caucase Russie Turquie Iran ce sont de puissants parrains, la petite Arménie est bien seule parmi ces requins. Quand à Lukoil et Gazprom ils contrôlent 80% des stations essences de Roumanie alors ne faisons pas la fine bouche.

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