Connerie administrative…

… des manquement administratifs alors que le soin français manque de professionnels

Résumé

  1. Début juin, la préfecture du Rhône a pris une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) contre un médecin algérien exerçant à Saint Etienne… depuis sept ans !
  2. Elle a été annulée par la justice fin septembre… mais dans l’attente de son nouveau titre de séjour, il lui est toujours interdit de travailler.
  3. Son absence a précipité la fermeture de lits en cancérologie

« Méchant« Méchant avec les méchants et gentil avec les gentils » : telle est la ligne assumée du ministre de l’intérieur, qui communique tous azimuts sur les « délinquants étrangers » et promet de « rendre la vie impossible » aux personnes visées par une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). 

Comment Gérald Darmanin qualifierait-il un médecin algérien installé en France depuis 2015, qui travaille pour l’hôpital public dans un contexte de pénurie, s’est porté volontaire pour rejoindre une unité Covid au plus fort de la pandémie et se met désormais au service des malades du cancer, tout en obtenant un nouveau diplôme chaque année ? Plutôt gentil, plutôt méchant ? Est-il indispensable de lui rendre la vie impossible ? 

[…]

Privé de titre de séjour depuis quatre mois, Karim n’a plus le droit de travailler pour le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Étienne, dans la Loire, où il « fait fonction d’interne » (FFI) – une position précaire occupée par les médecins étrangers en attente de leur statut de praticien. Il exerçait au service d’oncologie médicale, qui traite les malades du cancer. 

Le 20 septembre, le tribunal administratif de Lyon a annulé l’OQTF prise contre Karim, fondée sur une lecture hâtive et une interprétation erronée des documents fournis. Compte tenu du « caractère sérieux de ses études » et de « la cohérence de son cursus avec son projet professionnel », la justice a ordonné à la préfecture du Rhône de lui délivrer un nouveau titre de séjour sous deux mois. À ce jour, Karim l’attend encore. 

Cet été, l’absence forcée de Karim a déjà posé de sérieux problèmes au service d’oncologie. Dans une attestation destinée au tribunal administratif, le chef de service du CHU indiquait début juillet que « la suspension brutale de son activité (…) ne permet plus d’assurer correctement la sécurité des patients hospitalisés et la continuité des soins, d’autant plus que la période actuelle est très difficile et qu’il est impossible de recruter une médecin remplaçant rapidement ». L’oncologue jugeait « indispensable » que ce médecin « d’un grand professionnalisme » puisse reprendre le travail « sinon il sera nécessaire de réduire très nettement la capacité d’accueil des patients atteints de cancer avec des conséquences très préjudiciables ».  

L’une de ses collègues, qui se décrit comme le « binôme » de Karim au sein de l’unité, ajoutait que « son impossibilité actuelle à poursuivre son activité professionnelle [au vu de sa situation administrative] vient entraver le bon fonctionnement de notre service puisque nous prévoyons de fermer précocement neuf lits sur les 34 que comprend l’unité et ce à compter du 15 juillet 2022 alors que cette fermeture temporaire était seulement prévue du 5 août 2022 au 5 septembre 2022 »

[…]


Note : l’article est bien sûr plus long, exposant les études poursuivies par l’interne, ainsi qu’une logique demande de naturalisation, bien évidemment dans les conditions actuelles, refusées. MC


Camille Polloni. Médiapart. Source (Extraits)


Une réflexion sur “Connerie administrative…

  1. bernarddominik 05/11/2022 / 21:12

    La France est gouvernée par une bande d’amateurs incompétents

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