Pédiatrie : Macron… s’en fiche

Les toubibs et les infirmières ne sont pas les seuls à manquer dans les services pédiatriques. Il y a aussi un problème avec les ambulances du Samu.


Deux prématurés, nés le 22 octobre à l’hôpital Trousseau de Paris, ont ainsi dû patienter pendant neuf heures avant d’être transférés au centre hospitalier de Poissy (Yvelines), où ils ont été placés en réanimation. Toutes les ambulances spécialisées étaient déjà mobilisées pour transporter des enfants qui (faute de place) ne pouvaient être accueillis dans les hostos de la capitale.

L’un des nourrissons expédiés à Poissy est mort peu de temps après son admission. « Rien ne permet de confirmer » que ce décès soit lié à un transfert trop tardif, a tenu à préciser l’agence régionale de santé, qui affirme également que « le nouveau-né a bénéficié de soins adaptés à sa situation dès sa naissance » (« APM-news », 28/10). Les parents doivent être consolés !

A La Rochelle, la situation se révèle tout aussi affolante : le 27 octobre, la cheffe du service pédiatrique a informé les autorités qu’elle n’avait « plus la capacité sécuritaire » de garder les enfants atteints de bronchiolite « qui nécessitent la mise sous Optiflow » (un dispositif d’oxygénation intensif).

Constat guère plus brillant à Dax (Landes), où l’on expédie les mouflets à Limoges, à 370 km de là. Quant aux ambulances parisiennes, elles doivent désormais rouler jusqu’à Rennes pour trouver un lit disponible. A Bordeaux, c’est pire : les toubibs se voient contraints de trier les jeunes patients avant de les admettre en soins intensifs. Les recalés sont relégués dans une salle des urgences qui n’a pas été prévue pour ça…

Une délégation de pédiatres doit se rendre à l’Elysée, ce 2 novembre 2022, pour mettre les points sur les « i ». Faute d’obtenir de Macron de l’oxygène pour leurs hostos, ils pourraient bien lui souffler dans les bronches…


Article signé des initiales J. C. Le Canard Enchainé – 03/11/2022


Laisser un commentaire