Suédois dans l’engrenage

Les démocrates de Suède (SD), le parti d’extrême droite qui a raflé 20,5 % des voix aux législatives du 11 septembre, ne comptent peut-être aucun ministre au gouvernement, mais ils dirigent de fait la coalition formée avec les trois autres partis de droite, tout en ayant inspiré son programme (« Le Monde », 16/10).

Le chef charismatique des SD, Jimmie Akesson, dispose d’un « siège en or », selon la presse locale : il trône désormais dans un « cabinet intérieur » rassemblant les quatre chefs de parti, qui verrouille le travail gouvernemental, et ses représentants siègent dans un « bureau de coordination » des ministères. Sans avoir à assumer eux-mêmes les aléas et les couleuvres de la participation au gouvernement.

Quant au fond du programme, le patron des SD a imposé à la hache ses mesures sur l’immigration et l’insécurité, ses deux chevaux de bataille. Il se vante d’avoir réduit le quota de l’asile au « minimum de ce qu’autorise l’Union européenne » : 900 réfugiés par an, au lieu de 6 400 cette année. Instauration de « centres de transit » à l’étranger pour les demandeurs d’asile, incarcération hors de Suède des criminels d’origine étrangère…

Pour contrer la guerre entre bandes rivales : recours aux témoins anonymes, instauration de zones où la police pourra fouiller sans motif, durcissement des peines. Mais aussi interdiction nationale de la mendicité et obligation pour tous les résidents de « respecter les valeurs suédoises fondamentales » — une obligation dangereusement vague, qui ouvre la porte à tout. Ou encore renonciation à l’objectif de consacrer 1 % du PIB à l’aide au développement…

En résumé, le gouvernement suédois est légèrement sous influence. Très légèrement.


Article signé des initiales D.F. Le Canard Enchainé. 19/10/2022


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