Chasseurs d’horreurs

Heureusement qu’il y a des ONG qui font le boulot !

L’organisation suisse Civitas Maxima, qui traque les criminels de guerre oubliés par tous, a retrouvé Kunti Kamara, un ancien seigneur de guerre du Liberia… en France.

En juillet 2018, l’ONG, présidée par l’avocat Alain Werner, dépose une plainte devant le parquet de Paris pour crimes contre l’humanité et actes de torture et de barbarie aggravés.

Le voilà jugé aux assises de Paris depuis le 10 octobre. Il en­court la perpète.

L’ex-chef rebelle de cet Etat d’Afrique de l’Ouest, créé en 1822 par des esclaves affranchis venus des Etats-Unis, a participé, entre 1989 et 2003, aux « années de sang et de terreur » qui ont fait 250 000 morts (« Le Monde », 8/10).

Au palmarès de l’horreur : le « supplice du tabé », qui « consistait à serrer les poignets et coudes de la victime dans le dos avec des câbles puis, à l’aide d’une hache, lui extraire le coeur et le manger » (« Le Monde », 14/10).

Mais, au début des années 2000, sentant le vent tourner, le chef rebelle fuit son pays et atterrit aux Pays-Bas, où il obtient la nationalité néerlandaise.

Un passage par Anvers, en Belgique, et le voilà en France, en 2016, à Evreux, où « il vit chez un compatriote puis occupe un logement social. Il perçoit des allocations chômage ». L’homme est interpellé de justesse à Bobigny, en 2018. « Il s’apprêtait à partir en car vers le Portugal, avec en poche un laissez-passer guinéen au nom de Moussa Bamba ». Fin du voyage.


Article signé des initiales M.BC. Le Canard Enchainé. 19/10/2022


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