Voili, voilà !

Mahsa Amini, une Iranienne de 22 ans, est morte à l’hôpital après son arrestation par la police des mœurs de Téhéran.

Ça se passe en Iran, nous pourrions nous en désintéresser et pourtant cette info introduit d’autres idées et commentaires sur la société actuelle. MC

Les images de la vidéosurveillance la montrent s’effondrant dans un commissariat, victime d’une attaque cardiaque ou cérébrale, si on en croit les dernières informations. Sur les réseaux sociaux, on la voit malmenée pendant son arrestation, jetée à terre et finalement poussée contre sa volonté dans un véhicule de la police des moeurs. Tout ça parce qu’elle ne portait pas le voile, obligatoire dans un lieu public en Iran. Les autorités ont ouvert une enquête, dont on peut prévoir qu’elle blanchira les policiers.

Il existe donc encore aujourd’hui dans le monde une police dont le boulot est de vérifier si les gens, surtout les femmes, respectent les bonnes moeurs, telles qu’elles sont définies par la morale officielle. Quand en France, la loi qui réglemente le port du voile dans les lieux publics fut votée, il y eut des voix pour s’en indigner. À les entendre, la France devenait une dictature laïque qui empêchait les femmes de porter librement le voile islamique. Mais a-t-on entendu ces mêmes voix dénoncer l’arrestation et la mort de Mahsa Amini, coupable de ne pas avoir porté ce même voile? Bien sûr que non. Ce n’est donc pas la liberté des femmes que ces partisans du port du voile en France défendent. La liberté des femmes, ils s’en foutent royalement. Non, ce qu’ils défendent, c’est un projet de société soumis à des interdits puisés dans l’islam.

[…]

L’histoire du voile n’est pas terminée. On a souvent voulu le faire passer, quel que soit son type (hijab, tchador, burqa, niqab), pour un simple attribut vestimentaire au même titre qu’un nœud papillon ou un canotier. On voit parfois des femmes qui ont recouvert leur tête d’un fichu qui s’arrête à la racine des cheveux, et laisse donc visibles les oreilles, le front et la nuque. Un peu à la manière des charlottes ou des bonnets de bain. Pourquoi pas.

Le voile islamique ne peut pas se contenter d’envelopper les cheveux et de laisser la chair des femmes visible, il doit rétrécir le visage en l’encerclant d’un tissu, car il est la manifestation d’une idéologie religieuse qui entend faire de même à toute la société : réduire ses libertés d’agir et de penser.

« La mode, c’est ce qui se démode », avait dit Cocteau. Si le voile islamique n’était qu’un banal vêtement, il se serait démodé depuis longtemps, car il faut dire que c’est un attribut assez moche.

Le voile n’a rien à voir avec les fringues, car il est un outil de propagande politique, le signe extérieur d’une religion qui veut, en l’imposant à tous, étendre son emprise sur les individus et la société.

C’est ce que probablement Mahsa Amini n’a pas accepté, comme les millions d’autres femmes iraniennes qui supportent de moins en moins cette police des mœurs. Car, derrière l’obéissance aux contraintes de la loi islamique, vestimentaires ou autres, c’est la soumission à toute forme d’autorité, religieuse mais aussi politique, qui est exigée de tous. Un voile jeté sur toute une société comme une camisole passée à chaque citoyen.


D’après l’ Edito de Riss – Charlie Hebdo. 21/09/2022


Une réflexion sur “Voili, voilà !

  1. Sigmund Van Roll 23/09/2022 / 13:05

    Et dire que notre chef actuel de notre exécutif souhaite repeupler nos campagnes avec des migrants, susceptibles d’être des terrorises de tout bord.
    Ce bonhomme est coupable de trahison à l’égard de notre nation et c’est une véritable honte que certains le considèrent comme un sauveur, notamment lors de la pandémie de la COVID-19.

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