LR face a 3 chemins

1, resté un parti indépendant, 2, s’allier avec la macronie, 3, s’allier avec le RN.

Autant de dilemmes, autant de risques d’éclatements, de redistributions des alliances, de recomposition dont bénéficiera le roitelet pour faire adopter ses reformes en faveurs des plus aisés destructrices de tant d’acquits sociaux. MC

« Depuis 2017 on nous prédit la fin de LR, mais la droite n’est toujours pas morte ! » Rachida Dati jubile. Malgré les divisions très fortes au sein de son parti depuis une dizaine d’années, la lourde défaite de Valérie Pécresse à la présidentielle (4,8 %) ou encore un nombre de députés réduit de plus d’un tiers, « Les Républicains » ont retrouvé du poids.

La relative majorité présidentielle au Parlement a besoin d’eux pour valider ses textes.

Mais, à chaque nouveau scrutin, le spectre de divisions si fortes qu’elles mettraient en péril le parti refait surface.

Prochain rendez-vous : le congrès de LR, les 10 et 11 décembre. Les militants y choisiront leur nouveau président, Christian Jacob ayant déserté son siège le 1er juillet, laissant l’intérim à son adjointe Annie Genevard.

« Il s’agit de réécrire une nouvelle page, pour redevenir une droite populaire », pèse Aurélien Pradié. Qui prévient toutefois : « Au mois de décembre, on peut risquer l’explosion avec l’affirmation de certaines lignes politiques qui fractureraient notre famille. »

Plaidant pour une droite dite « sociale » bien que très libérale, Aurélien Pradié devrait représenter une ligne « Macron-compatible », au même titre que Rachida Dati ou le maire de Cannes, David Lisnard, également pressentis. Ceux-ci plaident aussi en interne pour « réduire la voilure », selon les mots du député Philippe Juvin, sur « la sécurité, l’immigration et l’islam ». Soit tout l’inverse du très droitier Éric Ciotti, voire du conservateur François-Xavier Bellamy.

Hormis le député niçois, tous se sont donné l’été pour réfléchir à leur candidature. […]Sans ligne politique claire jusqu’ici, LR va sans doute devoir trancher lors de ce congrès, s’il veut se frayer un espace entre la Macronie et l’extrême droite.

[…]

L’unité apparente ces derniers temps, pourrait se fissurer sur l’immigration


Florent Le Du. Source (Extraits)


Autres propos

Certains cadres du parti ont déjà quitté le navire, à l’image du député Éric Woerth, et d’autres sont désormais prêts à accepter la main tendue par Emmanuel Macron. Dans un communiqué de presse, le trésorier des Républicains, milite pour une large alliance avec « Renaissance » de l’ex LR-EM. Il « souhaite que son mouvement ne refuse pas, a priori, de travailler avec le président réélu, dans le cadre d’une coalition à construire dès maintenant ou après les élections législatives ». Franck Louvrier, maire de La Baule, est du même avis. « Il n’est pas question de rester sur le banc de touche pendant cinq ans. Travaillons pour la France et les Français en intelligence avec le Président de la République ».

[…] Julien Aubert, député du Vaucluse, il est nécessaire de « (jouer) collectif et (d’incarner) une droite indépendante 100 % sans Macron ». Il ajoute qu’il faut « laisser les grenouilles et les traîtres partir ».

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a lui déclaré que « commence le combat des législatives, le combat pour une droite libre et indépendante. Nos convictions ne sont pas solubles dans le macronisme ». 

C’est donc une véritable guerre intestine qui semble se profiler à droite.


Titouan Thonier. Source (Extraits)