Sur l’incinérateur d’Ivry

À Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), il y a un monstre, établi là depuis cinquante-trois ans. Il avale, chaque année, 700 000 tonnes de déchets. Et en recrache d’autres.

En février 2022, les résultats d’une étude de la fondation Toxicowatch commandée par le Collectif 3R (pour « réduire, réutiliser, recycler ») avaient révélé ce que beaucoup présupposaient : les fumées de l’incinérateur ne sont pas que de la vapeur d’eau, mais un cocktail chimique tout ce qu’il y a de plus nocif.

Une concentration phénoménale en dioxines (poisons classés cancérogènes par l’OMS) a été relevée aux abords directs de l’usine. Dans la foulée, l’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a également commandé une étude. Il était temps !

Depuis des années, le Collectif 3R bataille ferme pour tenter de stopper cette politique du tout-incinérateur, spécificité bien française. Le 23 juin, un nouveau recours était examiné par le tribunal administratif de Melun (77). « On misait sur la compréhension des juges à prendre en compte l’élément nouveau qu’était l’étude de toxicologie », explique Anne Connan, l’ancienne coprésidente du Collectif 3R. Pas gagné, tant la justice, dans le cas présent, semble peu sensible aux enjeux de santé publique et aux enjeux environnementaux posés par l’incinérateur.


Natacha Devanda. Charlie Hebdo Web. Source (Extraits)