Retour de (mé)compte présidentiels

C’est le « Journal officiel » (19/7) qui vient d’en publier le montant : les 12 candidats à l’élection présidentielle ont dépensé, au total, 84 millions d’euros.

Comme lors de la précédente élection, en 2017, les plafonds n’ont pas été atteints, contrairement à ce qu’il s’était passé en 2012. Cette année-là, Nicolas Sarkozy les avait explosés.

  • Macron a dépensé 16,8 millions d’euros, d’après les données rendues publiques par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Soit la même somme qu’en 2017.
  • Valérie Pécresse, avec 14,3 millions,
  • Jean-Luc Mélenchon, avec 13,7 millions d’euros, soit 3,5 millions de plus qu’en 2017.
  • Marine Le Pen, avec 11,5 millions,
  • Eric Zemmour, avec 10,9 millions.

Les petits candidats, tels Jean Lassalle ou Nicolas Dupont-Aignan, ont dépensé à peine plus de 800 000 euros.

Philippe Poutou a multiplié par quatre ses dépenses par rapport à 2017, alors que l’autre candidate trotskiste, Nathalie Arthaud, est parvenue à les faire baisser de 7 %.

S’agissant des recettes, d’après les calculs de l’ancien député PS et spécialiste des financements des pouvoirs publics René Dosière, les dons de particuliers, plafonnés à 4 600 euros et défiscalisés à hauteur de 66 %, n’ont atteint un niveau significatif que pour trois candidats :

  • Pécresse, Mélenchon et Jadot.
  • Contrairement à ce qu’avaient clamé les partisans de Zemmour —, ces dons se sont révélés dérisoires : moins de 1 million d’euros.
  • Hidalgo, Roussel et Pécresse sont les trois candidats qui ont le plus bénéficié de l’aide de leur parti, avec respectivement 6,9, 6,8 et 6,4 millions.

Quant à l’apport personnel des candidats, qui provient en général d’emprunts bancaires et entraine un possible remboursement de l’État, les champions en la matière sont :

Le Pen, Zemmour et Jadot.

Comme ils ont tous trois franchi la barre des 5 %, pourcentage qu’il faut atteindre pour prétendre au financement public, leurs banquiers peuvent être rassurés.

Les réunions publiques demeurent, comme en 2017, le principal poste de dépenses.

  • En tête, Mélenchon, qui y a consacré la moitié de son budget, itou pour Zemmour.
  • Après le fiasco de son premier grand meeting, Pécresse s’est calmée.
  • D’après l’analyse réalisée par René Dosière, les recours à des cabinets de conseil ou à des conseillers en communication sont le plus nombreux chez Pécresse et Zemmour.
  • Macron a été le candidat qui a eu le plus recours aux sondages et à des enquêtes d’opinion. Ce qui ne surprendra personne…

À partir de ces mêmes données, « L’Opinion » (19/7) s’est livrée à un autre exercice : rapporter le total des dépenses de chaque candidat au nombre de voix qu’il a obtenues. À ce petit jeu :

  • Mélenchon obtient le même résultat que Macron : 1,70 euro par voix ;
  • Marine Le Pen a une meilleure rentabilité : 1,40 euro par voix ;
  • Zemmour a dépensé 4,40 euros ;
  • Pécresse a cramé la caisse : chaque suffrage lui a « coûté » 8,50 euros. Un record qui sera difficile à battre, même dans cinq ans.

Article non Signé lu dans « Le Canard Enchainé » 27/07/2022


Vous allez nous déclarer que l’on peut se fiche éperdument de ces chiffres. C’est tout à fait vrai, il en reste pas moins que pour avoir quelque chance d’être élu, l’engagement financier est des plus importants, comme le carnet d’adresse… et éventuellement avoir un programme qui tienne la route, mais dont médias et administrés ne réfléchiront à aucun moment à leur efficacité face au diktat financier. MC


2 réflexions sur “Retour de (mé)compte présidentiels

  1. Pat 31/07/2022 / 14:42

    Le coût élevé de la démocratie (qui consiste parfois à parler sans effets) mais ce genre de statistiques ne sert à pas grand chose non plus. Celui pour qui j’ai voté ne m’a rien payé !

    • Libres jugements 31/07/2022 / 16:06

      Certes, mais je préfère encore savoir que sur ce plan… au moins… il reste dans les clous. Pas comme l’avait fait Sarko… sans d’ailleurs « et étrangement » plus de pénalités.

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