Fratricide!

Macron et Philippe sont dans un bateau…

Il n’aura donc pas fallu un mois pour que les troupes d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale prennent leurs distances avec le gouvernement et le reste de la majorité.

Ça s’est passé, comme on le sait, samedi 23 juillet, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificative : au nom de la défense des territoires, les députés Horizons ont voté avec leurs homologues du RN, de LR et de la Nupes en faveur d’un amendement qui octroie 120 millions d’euros aux départements, en guise de compensation à l’augmentation de 4 % du RSA.

Le gouvernement était contre cet amendement, qui a finalement été adopté.

Un bras d’honneur à Macron et, « en même temps », à Bruno Le Maire, potentiel rival de Philippe en 2027.

D’autant que le coup a été soigneusement préparé : député de la Corse-du-Sud et président du groupe Horizons, Laurent Marcangeli est spécialement revenu de son île pour voter cet amendement, le 23 juillet à 22 heures, ainsi qu’il l’a claironné en pénétrant dans l’hémicycle.

Tant que ce n’est pas pour une vendetta au cœur de l’Assemblée…

Le vote des députés philippistes a, bien sûr, créé de la tension dans la majorité.

Présidente du groupe Renaissance, Aurore Bergé ne décolérait toujours pas, deux jours plus tard, dans les couloirs de l’Assemblée :

« Le seul truc sur lequel on trébuche, c’est cet amendement octroyant 120 millions d’euros aux collectivités locales, voté au détriment des Français. Venant de ceux qui ne cessent de parler de rigueur budgétaire, c’est tout de même cocasse ! »

Élément aggravant : selon les pointages, lors de ce premier mois de législature, seule la moitié (en moyenne) des députés Horizons étaient présents en séance, contre de 80 à 90 % des députés Renaissance. Ce qui a posé problème lors des scrutins.

D’autre part, la vice-présidente de l’Assemblée, Naïma Moutchou, d’Horizons, s’est abstenue lors du vote de l’amendement pour l’octroi de 1,2 milliard aux collectivités afin de compenser l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires.

Et Thomas Mesnier, autre député Horizons, a été le seul élu de l’Assemblée à voter contre la déconjugalisation de l’allocation aux adultes handicapés.

Coup de chaud d’un conseiller de l’Élysée : « Tout conduit à penser que l’attitude des amis d’Edouard Philippe à l’Assemblée est mûrement réfléchie. Ça ne peut pas durer ainsi ! »

Macron ne va quand même pas dissoudre l’assemblée pour si peu…

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