Ciao, Mario Draghi

Un sacerdoce !

Diriger un pays sans majorité parlementaire, c’est déjà délicat. Macron ne dira pas le. contraire. Mais, ressouder une coalition allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, c’est carrément mission impossible ! Mario Draghi vient d’en faire l’amère expérience.

Le 14 juillet, le Premier ministre italien a présenté sa démission après la décision du Mouvement 5 étoiles, pourtant membre de sa coalition, de ne pas participer au vote de confiance demandé par le gouvernement. Basta !

Le président de la. République, Sergio Mattarella, a refusé la démission de Draghi ; 1 000 maires italiens ont pressé leur champion de rester en place, plusieurs dirigeants européens (Macron, Scholz, Von der Leyen) y sont allés de leur supplique.

Déjà, le spectre d’une crise politique et économique majeure hante les esprits. La péninsule croule sous une dette de 2 700 milliards (la seconde plus importante en Europe derrière la Grèce). Des élections anticipées, qui pourraient ramener au pouvoir la droite populiste, risquent d’affoler les marchés. L’ex-Premier ministre Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit) et Matteo Salvini (la Ligue, extrême droite) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne pourraient plus continuer de gouverner aux côtés des « incompétents »du Mouvement 5 étoiles. Capito ?

Dans ces conditions, pas étonnant que « SuperMario » n’ait plus envie de faire du trampoline d’un parti politique à un autre. « Le Premier ministre n’a pas poussé très loin les négociations sur le vote de confiance,relève une journaliste politique en Italie. Il s’est débrouillé pour demander la confiance du Parlement sur des questions environnementales, comme s’il voulait préparer sa sortie. »

On l’a déjà oublié, mais, en janvier, Mario Draghi caressait l’idée de déménager du palais Chigi pour rejoindre celui du Quirinal, siège de la présidence de la République. A l’époque, déjà, tous redoutaient la chute du gouvernement. Draghi avait dû ronger son frein. Mais le dévouement a ses limites…

Au pire, si les Italiens ne trouvent pas de candidat pour le poste de Premier ministre, les Français pourraient leur prêter Manuel Valls !


Article signé des initiales O. B.-K. Le Canard enchaîné. 20/07/2022


Une réflexion sur “Ciao, Mario Draghi

  1. jjbadeigtsorangefr 25/07/2022 / 11:21

    Pas sympa pour les italiens que de proposer Manuel Vals, ils ont assez de difficultés comme ça, pas besoin d’en rajouter.

Laisser un commentaire